On s’agite, à l’intérieur du bureau de Poste de la grand-place de Louvain-La-Neuve, depuis l’annonce récente de sa fermeture ce 31 août. En cause: un plan de rationalisation visant à limiter les bureaux de La Poste à un seul comptoir par commune d’ici 2014. Le hic: les quelque 10 000 habitants et 20 000 étudiants de la cité néo-louvaniste devront désormais se rendre jusqu’à Ottignies — chef-lieu de la commune dont Louvain-La-Neuve fait partie — pour aller faire timbrer leurs enveloppes. Une contrainte inacceptable aux yeux des riverains, de l’association des habitants de Louvain-La-Neuve et de l’Assemblée Générale des étudiants de Louvain (AGL). La grogne a donné lieu à une occupation douce du bureau de poste en journée, qui se déroule encore “sans heurts” et dans “un climat bon enfant” depuis une semaine. Les guichets sont clos, mais des étudiants et des riverains y font signer une pétition, qui compte pour l’instant quelque 7000 signatures. Elle réclame le maintien d’un service postal minimum sur la Grand-Place. Mais pour pacifique que soit l’occupation du bureau, le dialogue avec La Poste n’a toujours pas abouti. La solution des points-poste proposée par La Poste a été jugée insuffisante par les citoyens. Etudiants et habitants mobilisés ont donc une nouvelle fois décidé, ce jeudi en fin d’après-midi, de “maintenir la pression“.

Ce 25 août, l’occupation de jour avait été étendue en occupation de nuit, ce qui a fait dire à certains que le mouvement “durcissait son combat“. La Poste y a d’ailleurs vu un prétexte pour fermer le bureau plus tôt — ce vendredi 28 août —, arguant qu’elle ne pouvait plus, dans ces conditions, assurer la sécurité des occupants. Entre-temps, la Fédération des Etudiants Francophones (FEF) a rallié le mouvement, en soutien à l’AGL et à l’ensemble des étudiants louvanistes. Il ne s’agit pas, selon son président Romain Gaudron, d’un combat local: “Un cinquième des étudiants en Région wallonne se trouvent aujourd’hui privés d’un point Poste local. Le service public reste une valeur forte pour la FEF: dans le cas présent, nous demandons à ce que ce service reste un service public, et donc qu’il soit maintenu. Au-delà, on touche ici à la question primordiale du coût des études, puisque les étudiants seraient désormais contraints de se déplacer, à leurs frais, pour se rendre à la Poste“. L’occupation se poursuivra jusqu’au finish, annonce-t-on. “La Poste doit comprendre qu’elle a intérêt à renouer le dialogue“, lâche le président de la FEF. Avant de poursuivre: “Nous n’avons d’ailleurs pas l’intention de ne dialoguer qu’avec la Poste. A l’aube de la rentrée politique, nous souhaitons que le politique se prononce sur la question“. Le bourgmestre Jean-Luc Roland (Ecolo) et les autorités académiques de l’UCL se sont dits solidaires du mouvement. •

PC