« Après la Saint-Nic, au tour de la Saint-Torê, bin voyons ! ». Vous vous dites surement que je suis une rabat-joie. Détrompez-vous.

19. MLn'aimepasSttorê

Effectivement, je n’aime pas la Saint-Torê, mais la raison en est bien moins évidente. Pour une fois, non, je ne suis pas contre ce bonheur enjoué en vue de soirées – et journées – bien arrosées. Je tolère également le retour de l’herbe verdoyante et le gazouillis des oiseaux. L’engouement à l’occasion de la Saint-Torê me procure même une certaine satisfaction. « Mais quoi, alors ? » hurlent-ils à l’unisson.

Voyez, cette – magnifique, épatante, bien que perfide – fête estudiantine  est un rappel aiguisé et constant du travail qui vous attend sagement. Comme on dit « La Saint-Torê nous vend du rêve ». Mais la réalité revient au galop et la chute n’en est que plus douloureuse. Les cours et autres travaux n’attendront plus ! Et pour ceux qui ont la chance d’être en dernière, c’est votre mémoire qui n’attend plus. Même si ces phrases « Alors, t’en es ou ? Quel chapitre ? », « Bientôt la fin hein ? » vous semblent désormais normales comme la boue aux trottis, ces cent pages ne s’écriront pas seules.

Les chapis et autres sauteries de la Saint-Torê, c’est fini. Alors, au boulot, mécréants ! Mais au fond de vous, je sais que vous ressentez ce besoin paradoxal d’échouer pour être sûr de revenir l’année prochaine.