Peu importe la destination de votre Erasmus, vos amis – si vous en avez – vous détesteront quoiqu’il arrive, où que vous soyez… Surtout quand vous faites un Erasmus Belgica.

 

 

Si par chance, vous lézardez dans un pays chaud, ils deviendront jaloux des photos de vous, lunettes de soleil incrustées sur le nez, arborant fièrement vos traces de bronzage en plein mois de novembre. Évidemment, la pilule passe mal devant les photos de celle qui se la dore à Chypre, alors que la Belgique baigne dans sa pluie éternelle, se réconfortant à coups de croustillons et de lacquemants. De même, si vous avez plutôt jeté votre dévolu sur la Suède ou le Danemark parce que vous êtes un Viking qui n’a pas froid aux yeux, ils lorgneront sur votre tas de neige et les paysages carte postale d’hiver. Le dépaysement des uns provoque souvent l’envie des autres. Moi à Gand, c’est un peu différent. Je provoque juste la haine.

 

Oui, la haine. Mes amis m’en veulent à mort secrètement, parce que je ne suis pas assez loin. Tenez-le-vous pour dit : l’avantage d’avoir un camarade parti en Erasmus, c’est juste de pouvoir lui rendre visite à l’occasion, et squatter là-bas pour passer des vacances pas chères. Ici, je n’offre malheureusement pas d’accent du sud coloré, ou des pratiques barbares rigolotes pour descendre une bière façon nordique, mais juste un frisson de néerlandais qui vous parcoure l’échine. Je suis la fille qui part en Erasmus en train, et j’offre du waterzooi. Qui est peu ragoûtant, cela dit. Ne testez pas.

 

« Tu m’invites quand dans ton pays ? », me taquine-t-on malicieusement. « Alors, t’as percé le secret du régime de Bart de Wever ? », oseront encore les plus sournois. « Et sinon, t’as déjà goûté les célèbres et typiques cornets de frites, là-bas ? », question qui aura d’ailleurs fini par m’achever. TROP IS TE VEEL ! Ils sont juste jaloux de moi et de mon vélo.