Sauvenière Company – On a testé pour vous la Brasserie Sauvenière, 12 Place Xavier-Neujean

La brasserie Sauvenière, c’est le Starbucks liégeois, en quelque sorte : nec plus ultra en matière de rafraîchissements et concentration de portables derniers cris. Le rendez-vous de ceux qui veulent « voir, mais surtout… être vus ».

Les bobos viennent y chatouiller leur plume, tout en se prélassant d’un jazzy Let’s Get Lost – aléatoirement diffusé de la playlist inspirée de soundtracks, le cinéma adjacent oblige – pendant que les plus hypes sirotent leur limonade en pianotant quelques lignes de codes.

Le lieu est en effet notamment apprécié pour sa connexion WiFi. Etrange paradoxe néanmoins, le réseau téléphonique lui est inexistant. Privé de ce moyen de distraction, le tout Liège vient travailler ici. Le rétroéclairage de leur petit jouet technologique se voit contrasté par une lumière tamisée qui rend son teint délicieusement miel. Il y fait sombre, la musique empêche la concentration, les cris des enfants sortant d’Astérix et Obélix exaspèrent. Cependant, ces consommateurs des temps modernes s’évertuent à venir signaler à Foursquare, et donc au monde, qu’ils y étaient : @BrasserieSauvenière. Sans GSM, il leur faut bien un moyen pour se donner rendez-vous. Tout a un sens.

 La comparaison avec la célèbre chaine multinationale ne s’arrête pas là. Si le café à 1,9€ reste abordable, vous débourserez 3,3€ pour une part de gâteau. La 33cl vous reviendra à 2,3€ et le Maitrank 2,6€. Mais tout cela reste très mainstream. C’est pourquoi, la brasserie propose à ses clients qui cherchent de quoi alimenter leur compte Instagram de la plus belle et unique photo de boisson qu’il ait été donné de voir, une large gamme de produits bio. Je vous avais dit que c’était cool ici. Entre le café Z, le Deux Nigauds artisanale et le jus de poire-groseille, il y en a pour tous, pour  toutes les bourses. Et si vous êtes plutôt du genre tea-time, ne vous en faites pas. Feuilleter la carte des Harney and Sons vous donnera l’air tout aussi in et vous rendra tout aussi pauvre.

Ah, j’oubliais ! Ici aussi, c’est self-service. Et si vous n’aurez pas le plaisir de voir votre nom écorché sur un gobelet (la vie est dure quand on s’appelle « Tiyhu »), le « brayeux » vous divertira tout autant.