Alors que l’assemblée générale des étudiants de Louvain-la-Neuve a quitté la Fédération des étudiants francophones il y a peu, Le P’tit Torê a décidé de consacrer une tribune libre sur le sujet, avec des avis divergents sur l’utilité ou non de la FEF.

Pourquoi l’AGL a quitté la FEF ?

L’AGL, c’est l’assemblée Générale des étudiants de Louvain-la-Neuve. Depuis plusieurs années, comme les autres universités de communauté française (ça s’appelait toujours comme ça à l’époque), nous étions affiliés à la FEF (Fédération des Etudiants Francophones). La FEF nous représentait auprès des pouvoirs politiques.

Depuis plusieurs mois, certains membres de l’AGL émettaient, en interne, une série de critiques sur le fonctionnement de la FEF. L’idée était de changer le fonctionnement de la Fédération depuis l’intérieur, pour conserver les avantages liés à cette affiliation et les ressources de qualités que la FEF continue de fournir aux étudiants.

Au mois d’octobre dernier, les choses se sont un peu accélérées. L’AGL a lancé un groupe de travail pour mettre à plat toutes les critiques et tenter d’y trouver des solutions. Ce groupe de travail était constitué de gens qui étaient à la FEF depuis longtemps et de personnes qui n’y étaient jamais allées. Il y avait notamment un membre du Bureau (« gouvernement de la FEF »), des gens de l’AGL favorables à la FEF, d’autres moins. Ce GT a accouché d’une note détaillant les dysfonctionnements de la Fédération, avec des solutions pour chacun d’eux. Les problèmes identifiés étaient : l’appartenance affichée de membres de la FEF à un parti politique, le manque de démocratie interne et de temps de débat, la structure de la FEF (manque de consultation de la base par les autorités de la Fédération, possibilité d’imposer une campagne sur un campus qui n’en voulait pas…).

Cette note a été présentée à la FEF au mois de novembre, où, après de très longues discussions, certaines mesures (notamment la non-appartenance à un parti politique) ont été acceptées, mais  pas tous. Le Bureau de la FEF a pourtant proposé d’ouvrir deux postes en son sein. Un coprésident et un « responsable dossiers » et le Secrétaire général de l’AGL, Johan Verhoeven est devenu coprésident de la FEF.

Malheureusement, dix jours plus tard, un constat d’échec s’imposait. La marge de manœuvre de Johan était très réduite et une dizaine de membres de l’AGL ont estimé qu’il était temps de quitter la FEF. Les derniers mois nous avaient appris qu’en plus des problèmes soulevés depuis plusieurs mois, la façon de  faire de la politique (humiliation, manipulation, mensonge, moqueries) utilisée par les leaders de la FEF ne nous convenait pas. Une note en faveur d’une désaffiliation de la FEF a été écrite et le 13 décembre, le conseil AGL a voté cette note à une large majorité.

Toutes les notes produites dans le cadre du dossier FEF sont disponibles sur le site de l’AGL, dans la rubrique « positions »

François Braghini
Nouveau Secrétaire Général de l’AGL

La FEF défend tous les étudiants !

Tu es étudiant. Tu veux que tes droits soient respectés et disposer d’un cadre agréable pour étudier ? Dans ce but, tu élis, chaque année, des représentants étudiants chargés de défendre tes droits, au niveau local. A leur tour, ces conseillers décident de s’affilier ou non à la FEF. Si oui, ils participent à l’élection de l’équipe dirigeante.

La FEF a pour mission de représenter et défendre les étudiants, au niveau communautaire. Elle s’exprime au nom des étudiants et prend position sur les dossiers liés à l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Au quotidien, la FEF assume de nombreuses responsabilités : concertations avec le gouvernement et les parlementaires, campagnes de sensibilisation auprès des étudiants, campagne de mobilisation, formation des délégués étudiants, enquêtes, sorties médiatiques, etc. Cette organisation est un acteur politique incontournable et non-partisan.

Exemple : En 2003, le décret participation était revu par le cabinet Dupuis. Les étudiants étaient invités à donner leur avis. C’est grâce au travail de représentativité de la FEF que les Conseils Etudiants ont pu faire entendre leurs voix. Les autres délégations étudiantes, non-membres, n’ont pas été associées à la négociation et n’ont donc pas pu voir leurs exigences respectées.

Pour ton Conseil Etudiant, faire partie de cette fédération lui donne l’opportunité de s’inclure dans une logique communautaire et de participer à l’unité du mouvement étudiant. La FEF porte également la voix de ses Conseils étudiants. Elle dispose, pour cela, de mandats au sein d’importants organes de réflexion. Ex : la FEF siège au CIUF (conseil inter-universitaire francophone) et au CGHE (conseil général des hautes écoles).

De plus, cette association joue un rôle de plateforme en mettant en relation les Conseils étudiants et en créant une vraie dynamique d’échanges. C’est à l’occasion des réunions mensuelles du Conseil Fédéral (=assemblée générale) de la FEF, que les représentants étudiants échangent leurs savoirs et leurs avis afin de définir les positions politiques de la FEF. Ces réunions sont également l’occasion de dispenser des formations sur l’organisation d’élections étudiantes, les activités sur les campus, la gestion de la comptabilité du Conseil étudiant, etc. La FEF garantit ainsi une continuité du mouvement étudiant et une transmission des savoirs dans des Conseils étudiants où les représentants ne restent pas, en moyenne, plus de 2 ans.

La FEF offre également, à tous les étudiants, une permanence juridique. Tout au long de l’année, elle les aide à faire valoir leurs droits auprès de leur administration. Dans certains dossiers plus complexes, la FEF peut également faire appel aux médias locaux et nationaux, afin d’attirer l’attention sur des problèmes rencontrés par des étudiants.

Depuis les années 70, la FEF travaille durement pour le respect des droits étudiants. Toujours dirigée par les étudiants, elle a remporté de nombreuses avancées pour tes droits tels le minerval gratuit pour les boursiers.

La Fédération des étudiants francophones