Un journaliste demanda un jour à Jimi Hendrix ce que ça faisait d’être le meilleur guitariste de la planète. Sa réponse: « Comment pourrais-je savoir, allez demander à Rory Gallagher ».

Autant dire qu’avec un nom comme ça, Noel -sans aucun lien de parenté avec le prodige du blues rock – a tout intérêt à se distinguer. Ancien guitariste du célèbre groupe Oasis, Noël forme en juillet 2011 son groupe nommé « Noel Gallagher’s High Flying Birds » et sort leur premier album éponyme à la mi-octobre.

Même si question virtuosité, cet auto-didacte n’arrive pas à la hanche du bluesman irlandais décédé en 1995, Noel s’est tout de même fait un nom au fil des années dans le monde très ouvert de la guitare, arborant fièrement son Epiphone aux couleurs anglaises. Soit dit en passant, l’artiste a beaucoup aidé à promouvoir les guitares « archtops » dans le monde du rock, celles-ci se complaisant très bien jusque là dans le blues et le jazz. Mais disons qu’il s’en sert finalement plus ici en accompagnement, délaissant les solos virevoltants. C’est dommage, ça aurait élevé le niveau, mais bon reconnaissons qu’harmoniquement ça cogne quand même.

L’album reprend beaucoup le style d’Oasis, et on peut y reconnaître du début à la fin cette touche colorée de rock anglais qui a fit la gloire des interprètes de Wonderwall. Pour ceux qui verraient encore une comparaison entre ce type de musique et celui des Beatles, on ne fera que citer George Harrison, affirmant qu’Oasis n’était « qu’un groupe pour les jeunes ». Gallagher a même confirmé une part de vrai là-dedans. Vous l’aurez donc compris, pas de morceau qui changera l’histoire ici, mais de quoi bien prendre son pied en festival quand même.

Question musique, Noel s’y prend plutôt bien en somme. On ne tombe pas des nues mais on ne peut clairement pas critiquer de fond en comble. Il construit ses fondations et empiles les sons et les structures, ajoutant même des passages instrumentaux très bien fournis en violons, donnant un style orchestral à certains morceaux. C’est très bien joué de sa part en somme.

Touche amusante, on remarque que l’auteur n’a pas froid aux yeux en décidant d’intituler une piste « Dream on », même nom que le succès mondial d’Aerosmith. On ira pas jusqu’à affirmer également que le nom de son groupe « High Flying Birds » est une référence manifeste à la formation de son idole « Paul McCartney & Wings », ni que le titre de la première chanson « Everybody’s on the run » soit une allusion au morceau de cette dernière « Band on the run », mais avouons qu’une part de Noel semble toujours vénérer les Beatles et l’afficher. L’album est quant à lui bien différent, mais l’écoute en est relativement plaisante. Encore une chose: « If I had a gun, I’d shoot a hole into the sun ». Et ouais, ils peuvent même être poétiques.