Paris ne ressemble plus à la ville des amoureux. Le monde est assailli par la violence et le chaos. La répression et le fichage des individus sont les nouvelles constantes. Les multinationales tutoient les États. Bienvenu dans l’univers de Philippe Nicholson[1].

Avant de distribuer les points positifs et négatifs, il faut soulever un petit détail qui a toute son importance : le genre. La science-fiction a cette incroyable puissance d’être le reflet déformé d’une société contemporaine.

Grâce à une écriture résolument inscrite dans le présent, Nicholson immerge le lecteur dans l’action. L’histoire n’est pas racontée, elle est vécue à la fois par le héros[2] et par nous. Cela peut déranger lors des trois premières pages et pourtant, il faut reconnaitre qu’il est difficile d’en décrocher.

Et puis, comment ne pas s’attacher à l’image éculée, mais efficace, du protagoniste esseulé et traqué par des forces qui le dépassent.Comme mentionné plus haut, le roman de Nicholson joue avec les peurs et les angoisses du 21e siècle.

En somme, un livre simple et efficace. Pourtant, impossible de ne pas tomber sur un os. Les dernières pages laissaient présager une ultime confrontation entre deux visions du monde et au final, il n’en est rien. La dernière touche qui aurait pu transformer ce livre en un indispensable du genre.

Serenitas de Philippe Nicholson ; aux éditions Montparnasse

 


[1] Toute ressemblance avec la réalité (n’) est (pas) une fiction.

[2] Un héros au prénom à coucher dehors : Fjord Keeling.