Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblaient nos chers professeurs lorsqu’ils se trouvaient à notre place, sur les bancs de la fac ? Ont-ils vraiment changé ? Quels souvenirs gardent-ils de cette époque ? Pour vous, certains d’entre eux ont accepté de nous livrer leurs petites anecdotes d’étudiants ou de jeunes professeurs débutants.

 

Alain Vanderplasschen, professeur d’immunologie, Faculté de médecine vétérinaire

« Cette photo date de l’époque où je terminais ma thèse de doctorat en sciences. J’avais organisé mon travail de manière à rédiger cette thèse à la maison afin d’être auprès de mon épouse durant les 2 semaines précédant la date présumée de son accouchement. Le hic, c’est que mon fils est arrivé avec 12 jours d’avance, alors que je terminais à peine l’introduction. Il a donc fallu s’adapter : rédaction et relecture des articles à une main. Tout cela avec la fatigue que connaissent les jeunes parents, mais également et surtout, la fierté et la joie d’être père. »

 

Bernard Jurion, professeur d’économie politique, HEC

« Au début de ma carrière, pendant un cours d’économie politique, deux étudiants s’embrassaient langoureusement. Je m’arrête de parler en les regardant. Les autres étudiants se rendent vite compte de la situation et toutes les têtes se tournent dans la même direction. Il a fallu près de trente secondes pour que les deux étudiants, gênés, retrouvent leurs esprits, que l’auditoire éclate de rire et que le cours continue comme si rien ne s’était passé. »

 

Philippe Raxhon, professeur d’histoire, Faculté de lettres

« À 20 ans, nous voulions tout vivre, apprendre et guindailler. Le vendredi était bien chargé en cours. Il m’arrivait de passer directement du Carré investi la veille, au cours de psychologie à 8 heures du matin. Avec quelques amis nous aimions ces défis euphoriques.

Un principe semblait guider le flux des jours, il était inspiré par un conseil de mon père : « si tu peux travailler après avoir fait la fête, et faire la fête après avoir travaillé, alors ça ira ». Il avait subtilement illustré la nature du bonheur turbulent propre à cette époque de la vie, dont les échos maintenant lointains n’ont de cesse de susciter ce sourire si particulier que dessine la nostalgie. »

Légende photo : « C’était le temps des réflexions errantes, interminables, tristes et joyeuses ».

 

Quentin Michel, professeur en sciences politiques, Faculté de Science Politique

« À l’aube de mes 18 ans – un peu avant –, vers la fin des années 80, j’ai entrepris de rédiger le “guide du chocolat belge”, qui n’est malheureusement jamais paru. Pourquoi ? Parce que je voulais manger plein de chocolat gratuitement en allant le goûter un peu partout. J’adorais ça, c’était ma passion. Avec mon cousin, on a donc ouvert une chocolaterie à Modave, qu’on a appelée “Pierre COLAS”. On n’y connaissait rien ! Rien ne nous prédestinait à ça ! On a appris sur le tas. Et on a réussi à faire notre nom grâce à quelques innovations, révolutionnaires pour l’époque ! Notamment le fait de mélanger les ingrédients dans la masse de chocolat, ce qui donnait des morceaux et pas seulement un arôme ! On faisait surtout du chocolat aux épices, telles que le poivre rose ou le thé. On est paru dans des magazines, et c’est devenu une PME de 50 personnes ! Aujourd’hui, je l’ai quittée, mais… j’aime toujours autant le chocolat et je sais encore comment en faire ».

 

Jocelyne Robert, professeur en gestion des ressources humaines, management et leadership

« Toute petite déjà, je faisais preuve de grandes compétences en matière de communication non-verbale et d’observation… Plus tard, passionnée de recherche, j’ai participé à de nombreux séjours de recherche et colloques scientifiques, notamment à Québec et Montréal ou encore Beijing. Ceci m’a d’ailleurs valu la joie d’assister à une cérémonie, organisée en l’honneur du professeur Hofstede, qui s’est entièrement déroulée en chinois… Ma plus grande passion reste aujourd’hui de retirer du plaisir à enseigner : dans ce boulot, on trouve chaque jour un nouveau défi ! A suivre… »

Alix Bardoux et Dale Koninckx