La différence entre l’ULg et l’ULB ne tient pas qu’à une consonne. Si notre Université se dote fièrement d’un journal écrit par et pour les étudiants de toutes les facultés confondues (oui, le P’tit Torê), côté Bruxelles, on rame encore. Zoom sur cette presse étudiante tantôt atomisée, tantôt centralisée, mais pourtant toujours capitale.

 

Aussi nombreux que les boules de l’Atomium

Arpenter les trois campus de l’ULB, c’est voir une masse de journaux et de magazines hétéroclites s’amonceler sur les multiples flyers de soirée. On les voit un peu partout, ces papelards aux polices tantôt sérieuses, tantôt loufoques. Et pour cause, à défaut d’avoir un journal étudiant, chaque faculté et cercle a décidé de faire cavalier seul pour se représenter.

Les deux journaux  les plus célèbres sont celui de la fac’ de droit, qui sort son « Novel’s », et celui du Cercle Solvay qui distribue son très populaire « Caducée ». À côté de ça, le cercle des Sciences Po’ couvre le campus de ses « Laurier », tandis que les étudiants libéraux  vous tendent leur « Liber ».  Les positions sont évidemment axées sur la politique, les opinions sont claires, et le papier pèse lourd. Mais même malgré « La Plume », bien plus légère et éditée par les étudiants de journalisme, le contenu de ces journaux n’est jamais destiné à l’ensemble des étudiants. Oui, il faut admettre que les pages ‘gossip’ spéciales commu’, et les rébus sur les noms de profs de sa propre fac’, c’est un peu nombriliste quand même. Dommage.

Un journal pour les gouverner tous…

L’association des cercles étudiants (ACE), bien consciente de cet éclatement de la presse étudiante, a apporté un semblant de solution : « Hérésie », le journal des cercles étudiants en général. À vocation apolitique, celui-ci s’est lié à ULB Culture pour son financement. Ses pages font évidemment la publicité des trente cercles différents, abordant des sujets festifs, d’environnement et de société. La mise en page est sobre et efficace. Mais le choix de partenariat avec l’ULB Culture se ressent tout de même énormément. Triste constat de voir la seconde moitié des pages de l’Hérésie n’être ni plus ni moins qu’un simple agenda culture, mettant en avant les activités officielles de l’université, et rappelant amèrement comment Hérésie est financé. Encore une fois, dommage, car ce journal est avant tout celui des cercles, et probablement celui qui devrait représenter au mieux les étudiants de l’ULB aujourd’hui.

« Esprit Libre », ou presque

Un quotidien officiel inonde pourtant les bacs de l’ULB de manière trimestrielle : « Esprit Libre ». Ce magazine universitaire est destiné à tous, et édité par l’UAE (l’Union des Anciens Étudiants). Le but de ces alumni, est de « resserrer les liens de fraternité entre les étudiants, et de concourir à la prospérité de l’institution ». Inutile donc de préciser le taux élevé de frottage de manches qui s’émane des pages, quand on les tourne. En collaboration étroite avec l’ULB, Esprit Libre  laisse ainsi la parole de façon assumée au président de l’AG de l’ULB, au président de l’UAE, voire même au recteur qui écrit parfois les éditos. Les thèmes abordés sont bien sûr riches, variés et toujours d’actualité, mais hélas l’angle choisi ne fait qu’encenser la politique de l’Université, s’éloignant trop souvent des positions étudiantes. Esprit Libre  n’est en somme que la version papier d’un site internet déjà bien fourni. Une bien jolie vitrine, mais une vitrine quand même.

Un P’tit Torê sauce bruxelloise ?

Une idée de journal étudiant sans discrimination de faculté avait pourtant germé il y a deux ans. Ce quotidien, axé essentiellement sur les étudiants de manière générale devait être financé par le BEA (Bureau des Etudiants Administrateurs, l’équivalent de la Fédé). Aucune prise de position en faveur de quelconque institution, des étudiants qui écrivent pour d’autres étudiants. C’était là toute leur ligne éditoriale. Mais le projet bruxellois, peut-être trop ambitieux, a malheureusement été laissé en friche, faute de bonne organisation. «(…) si l’initiative manque encore un peu de professionnalisme, à terme, on a pour but de devenir le pendant de l’ « Esprit Libre », d’être le journal étudiant de l’ULB » affirme celui qui devait être rédac’ chef.

Et c’est tout ce qu’on souhaite à nos confrères de la capitale : une presse représentative et interfacultaire. Même s’ils ont déjà Manneken Pis et que c’est bien assez.