« Faire du campus un endroit sans cesse en mouvement », tel est le mot d’ordre figurant au dessus de chaque Une du journal étudiant. Titré Tap’AGE, le mensuel namurois regroupe une vingtaine d’articles rédigés exclusivement par les universitaires pour les universitaires. Ces derniers le distribuent gratuitement à la criée au sein des différentes FUNDP (Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix). L’automne passé, il fêtait ses trois années.

L’absence d’un véritable journal dans l’institution, une indifférence pour les élections et plus généralement, un manque d’engagement politique manifestés par la majorité des étudiants sont le triple constat qui détermina sa création. L’objectif était double. Il visait à assurer une meilleure circulation de l’information entre élèves et autorités. A laquelle s’ajoutait l’envie de «conserver une trace tangible de la vie estudiantine namuroise»*. En novembre 2008, le projet prit corps.

Culture, événements politiques, animation, recettes faciles à réaliser en kot, horoscopes et littérature, les sujets traités semblent diversifiés. Ludiques ou didactiques, plusieurs rubriques demeurent fixes. La critique musicale, l’horoscope et l’article satirique bénéficient tous trois d’un rédacteur propre. Quant aux autres, leurs thématiques évoluent au gré de l’actualité et sont distribuées selon inspiration et affinité. Si certains articles sont sérieusement traités, interviews de professeurs, évaluations d’enjeux politiques, d’autres jouent la carte de la dérision. En mai 2011, paraît le test «es-tu people dans ton université?» regroupant une série de questions censées mesurer la popularité des lecteurs au sein de l’institution scolaire.

Le mensuel s’achève toujours sur un original « patchwork ». Entre citations d’intellectuels, poésie et satire, le « saviez-vous que » délivre un ensemble de petits savoirs inédits tels que la raison pour laquelle les stylos Bic possèdent un trou sur leur capuchon. «En cas d’ingestion par un enfant, un filet d’air pourra passer, évitant l’asphyxie»**. Ou «pour savoir si un œuf est encore consommable, plongez-le dans un verre rempli d’eau. S’il coule, il est consommable, s’il est au milieu du verre, c’est limite, et s’il flotte, ne le consommez pas. Cette petite expérience permet de connaître la quantité d’air contenue dans l’œuf et donc son âge»**. Bref, un éventail de petits conseils est proposé aux lecteurs qui ne manqueront pas de s’en rappeler une fois le moment venu.

La proximité avec le lectorat est revendiquée haut et fort. Les sujets ciblent les attentes des étudiants et le comité de rédaction est entièrement composé d’élèves des FUNDP (Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix). L’équipe compte une dizaine de jeunes journalistes sélectionnés sur base de lettres de motivation. Amateurs d’écriture de toutes les facultés sont encouragés à participer bien que concrètement, Tap’AGE reste essentiellement écrit par des philo-lettres et des sciences écos. Une infographiste et une illustratrice font aussi partie du comité.

Si Tap’AGE est financé par l’AGE (l’Assemblée Générale des Etudiants), l’indépendance est cependant ressentie. «Une rubrique est consacrée à l’AGE et rédigée par ses membres. Elle informe des actions politiques et des animations mises en place. Bien qu’ils aient un droit de regard, jamais il ne fut question de censure tant sur la forme que sur le fond », explique Virginie Solbreux, rédactrice en chef.

Depuis septembre, les directives d’impression du journal ont changé réduisant le nombre d’exemplaires d’un petit millier à 600. Nombreuses sont les raisons de cette diminution. Eviter le gaspillage, augmenter l’épargne, promouvoir le prêt entre étudiants. Virginie Solbreux, rédactrice en chef, explique la diffusion du journal. « La distribution est annoncée via les réseaux sociaux. Nous déposons aussi des piles dans les différents présentoirs des facultés». En bref, Tap’AGE a tout d’un journal étudiant. L’objectif est atteint.

Hélène Brédart

*Tap’AGE 1

** Tap’AGE 14