Un peu d’exotisme dans ce monde de brutes !

 

 

Les examens à l’Université de Liège, ça nous connaît. Chacun a vécu cela une fois dans sa vie. Ou deux fois. Ou dix fois. Mais quid des autres systèmes ? Pour notre dossier « Spécial examens », nous avons été voir un peu partout dans le monde afin de voir comment peut se passer une session à l’étranger.

Italie :

Pas prêt pour le prochain examen qui arrive dans trois semaines ? Pas de soucis, l’Italie a la solution : choisissez une autre date ! En effet, le système universitaire italien permet aux étudiants de repasser un examen autant de fois qu’ils le veulent, et ce, à n’importe quel moment de l’année. Oh, j’ai oublié de préciser, mais au pays de la pizza, on ne « double » pas, on peut rater cinq fois le même examen sans être dégradé pour autant. Et je vais même pousser le vice jusqu’à vous avouer qu’il est tout à fait possible de ne pas aller en cours et de suivre alors un programme adapté par le professeur… Cependant tout n’est pas comme la dolce vita. La quantité de matière reste conséquente (voire énorme) et les professeurs exigent des élèves qu’ils soient franchement autonomes, car toute liberté a un coût.

Virginie De Vellis

France :

Le déroulement d’une session en France varie selon les établissements. Pour valider une année, la seule condition est une moyenne de 10/20. La seule note de 0 est éliminatoire. La seconde session est incontournable dans le cas où la moyenne est inférieure à 10. La deuxième session peut se dérouler, selon les « facs » (= universités), soit quelques semaines après la session de fin d’année, soit en septembre. Dans le premier cas, les examens ont lieu très tôt afin de présenter les secondes sessions en juin. De plus, dans la majorité des facultés, une partie « contrôle continu » est également intégrée à la note globale. Il existe aussi en France, un système de mention au-delà de 12 : « assez bien », « bien », « très bien », « félicitations ». Comme ici, les étudiants sont stressés et vivent la bloque à la bibli. Pas de tuyaux, de QCM, de grille rouge, de grille noire, de coefficients de certitude, ni même de « SMART » ! La plupart du temps les épreuves se présentent sous la forme de dissertation, de commentaire de textes ou d’analyse de 4 heures, et ce, dès la première année ! À vos stylos !

Léa Pons

Suède :

La Suède, c’est avec Uppsala, la 83e meilleure université du monde, contre une 125e place avec l’UCL en Belgique (QS World University Ranking 2011). La Suède, c’est l’éducation au fondement du système social national. Une seule devise : « l’enseignement pour tous ». Gratuité de la maternelle à la fin des études supérieures. La Suède, c’est aussi une moyenne de 15h de cours par semestre, pour rendre l’étudiant autonome avec ses lectures et ses propres recherches. Et si jamais vous avez des questions, votre pote, euh prof, vous répondra volontiers par mail ou téléphone. Pour ce qui est des examens à proprement parler : une seule semaine de session, des dates choisies, dans la mesure du possible, en concertation avec les étudiants et parfois, des « take-home exams » à rédiger en quelque jours à domicile. Autre avantage non négligeable, la plupart des professeurs s’arrangent pour terminer leurs cours et examens avant Noël. Ainsi, chacun peut profiter des fêtes de fin d’années (plus que féeriques, là-bas, dans le Nord !) en toute sérénité. Et quand vous revenez d’Erasmus, ça vous fait deux mois de congé. Au fait, saviez-vous que « semester » signifiait « vacances » en suédois ?

 Tiou Nguyen

Flandre :

Première agréable surprise : les Flamands s’assurent de vous donner vos horaires d’examens au moins 2 mois à l’avance, ce qui change un peu du suspense pénible typique ULg. Fini de patienter jusqu’à la dernière semaine avant le début de la session pour connaître vos dates. Très friands des oraux en général, à moins que le cours ne soit donné à un amphi entier, ici on aime vous regarder dans les yeux pendant le supplice. Joignables facilement, mettant les notes et/ou syllabus à disposition en PDF, les profs maîtrisent plutôt bien la technologie. Gros avantage : à Gand, des logiciels hors de prix sont librement utilisables pour tous les étudiants de l’université, même à domicile. Pas de prise de présence non plus. Ici, chacun tire son plan et applique sa propre stratégie. Par contre, évitez d’arriver en retard aux cours, et a fortiori aux examens (même légèrement). Pour avoir testé, c’est franchement déconseillé.

Yasmine Salami