Les dents acérées du Poiscaille ne sont plus de lait. Le jeune mensuel satirique liégeois nage à vitesse de croisière et va bientôt souffler ses deux bougies (voir encadré). Sébastien Varveris, ancien étudiant du département d’information et communication de l’Université de Liège, en est le directeur de rédaction (ainsi que président de l’ASBL). Il répond à quelques questions et révèle comment les arêtes du journal ont vu le jour.

Le Poiscaille est né en février 2010 d’un simple constat : pourquoi, dans ce pays, celui du surréalisme, de l’autodérision, de notre humour si particulier, de Franquin, Magritte et d’autres, n’y avait-t-il pas plus de journaux satiriques ? Nous sommes donc partis de cette interrogation en commençant l’aventure avec un journal local, Le Poiscaille. Il vit d’abord le jour sous la forme d’un PDF, pour passer quelques mois après sous la forme papier avec une équipe grossissant de plus en plus. Nous arrivons maintenant à son seizième numéro, avec un journal de qualité vendu au prix d’1€.

Comment expliquer cette absence de publications satiriques dans le paysage journalistique belge?

Il n’est pas juste de parler d’absence. Il y a un journal satirique national à l’heure actuelle, du nom d’UBU/PAN. En réalité, il y en avait deux jusqu’à il y a quelques mois : Père UBU et PAN, qui ont donc fusionné. Dans ce paysage, peu d’entre nous y trouvaient leur compte donc nous avons décidé de créer un journal à la personnalité bien différente.

Il faut ajouter qu’aux échelons locaux, il y a aussi des publications, à Mons notamment, à Liège où nous sommes présents… Je n’ai toutefois pas étudié la question en détail, mais il existe quelques publications locales, qui naissent çà et là, parfois très éphémères. Il faut également prendre en compte la proximité de la France, où la presse satirique existe depuis une centaine d’années. Celle-ci, allant de Charlie Hebdo au Canard Enchaîné, en passant par Siné Mensuel, a déjà conquis une partie du public belge gourmand de journaux de ce type. Nous avons en tout cas voulu mettre en place une alternative à la presse traditionnelle.

Où peut-on acheter Le Poiscaille ? Quelles sont les originalités dans la vente du journal ?

On retrouve Le Poiscaille dans une vingtaine de points de vente liégeois. La brasserie Sauvenière, Le Churchill, Typhus, La Zone, la librairie Entre-temps et bien d’autres, dont la liste complète est disponible sur notre site. Nous organisons aussi des ventes à la criée au XX-Août, au Pot au Lait ou lors de certains événements ponctuels. Le tout est tiré à 500 exemplaires chaque mois.

En décortiquant les pages du Poiscaille, que peut-on s’attendre à trouver ?

Le Poiscaille se compose de 16 pages, remplies d’humour, de caricatures, de satire et d’enquêtes. A titre d’exemple, dans le numéro précédent (ndlr. décembre 2010), nous avons eu un bel article sur les adorateurs de Krishna à Liège. Par ailleurs nous retrouvons chaque mois les rubriques habituelles : « Chasse et pêche », « Sans filet », « La fausse interview », les pages culturelles telles que « Les bobines dézinguées », les critiques de films, etc. A noter l’apparition d’une nouveauté depuis peu, un roman-feuilleton développé de mois en mois, dont le premier épisode depuis le numéro 16. La prochaine édition sera disponible dès le 4 février et contiendra, entre autres, une enquête très intéressante sur les marchands de fleurs et les musiciens de rue qu’on croise régulièrement au cœur de la Cité Ardente.

Interview réalisée par Luca Piddiu

 

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Fête d’anniversaire sur fond de caricature

A l’occasion des deux ans du Poiscaille, des festivités seront organisées durant le mois de février au centre interculturel L’Aquilone asbl à Liège. Et ce dès le samedi 4, avec le vernissage d’une exposition, déjà présentée une première fois à Huy en octobre dernier. Bouquet de caricatures, parmi celles déjà parues dans les précédents numéros du journal, sélection d’articles, ainsi que mises en place de jeux interactifs ayant pour thème l’actualité, tel sera le programme de cette exposition qui se tiendra du 4 au 24 février. Mais il y a plus : le 10 février sera projeté « Mourir ? Plutôt crever ! », documentaire de Stéphane Mercurio dédié au caricaturiste français Siné. Une séance qui sera suivie d’un débat animé par Marc Vanesse, chargé de cours à l’ULg et où interviendront les dessinateurs Sondron, Samuel et Kanar,  ainsi que Philippe Marion (UCL) et François Schreuer (coopérative politique VEGA). Les célébrations se clôtureront le 24 février, à partir de 21 heures, avec les concerts des groupes Wild at Heart et Lieutenant. Pour plus d’information : http://www.lepoiscaille.be