Pour aller au Sart-Tilman, quand il y a des bus, c’est la galère, mais quand il n’y en a pas… c’est la guerre ! Ce dossier mobilité était pour le P’tit Torê l’occasion de rencontrer la délégation syndicale des TEC Liège-Verviers pour leur poser nos questions.


P’tit Torè : « Pourquoi faites-vous grève ? »
Dona Balbo : « Quand on se bat pour le maintien de l’offre de transport, on se bat pour notre emploi, mais ça concerne aussi l’usager. Pour le 48, on a déjà demandé de meilleurs horaires, un meilleur chrono. On était systématiquement en retard à l’heure de pointe. On nous a mis des pistes spéciales bus. Tout ça, ce sont des demandes syndicales, ça vient de nos luttes à nous. On s’est battu aussi pour que les horaires vacances soient adaptés, car en seconde session par exemple, avec des bus inadaptés, on est vite en situation de surcharge ce qui est insupportable pour l’usagé comme pour le chauffeur. Pour cette raison, on a demandé et obtenu également un gestionnaire rien que pour le 48 et le trafic étudiant en général depuis le terrain. On le sait peu, mais c’est la plus grosse part de nos revendications. Cela fait des années qu’on ne s’est pas battu pour une augmentation salariale. »
P.T. : « Mais ce qui concerne surtout les étudiants, ce sont les grèves pendant les examens… Pourquoi à ce moment-là ? »

D.B. : « Le nombre de grèves a très fortement diminué ces 10 dernières années, mais le dialogue social reste très difficile. Cependant, beaucoup d’étudiants les ressentent encore très fort surtout à cause de la grève pendant les examens de juin 2011. Il faut savoir que c’est dû à l’agenda social, tous les 2 ans, on négocie nos conventions collectives de travail, et ça se passe en mai. Quand le dialogue n’est pas possible, ça peut aboutir à une grève. La grève reste pour nous l’arme ultime quand le dialogue n’est plus possible. Il y a parfois malheureusement une volonté d’envenimer les choses de la part de la direction des TEC. En 2011, il a fallu 3 jours de grève rien que pour qu’ils acceptent de nous recevoir. Pour nous, la plupart du temps, les journées de grève, on les perd sur notre fiche de paie. »
P.T. : « Que pensez-vous de l’idée du service minimum que défendent certains ? »
D.B. : « Mais on est déjà en service minimum, tous ceux qui prennent les 48 ou le 58 le savent ! On manque de bus et c’est déjà la cohue. Si on ne fait rouler qu’un bus sur 3, ça va donner quoi ? Un pugilat, une émeute, une guerre civile à l’arrêt de bus ? Ce serait totalement ingérable. Pour des lignes comme le 1, le 4, le 48, il manque déjà de bus à cause de la mauvaise gestion des TEC et du sous-financement. En plus, ça empire ! Pour nous aussi les conditions de travail sont rudes. Les bus bondés et les retards occasionnés énervent les usagers et nous suppriment nos pauses. Trouver d’autres solutions, ce n’est pas facile. Ne pas faire payer les gens, c’est du vol et on se ferait licencier. Rouler sans horaire, on l’a fait, mais ça ne change rien puisque de toute manière, personne ne tient compte de l’horaire sur les lignes les plus fréquentées… »

Le saviez-vous ?

• Des choses aussi simples que l’absence de toilettes pour les chauffeurs au CHU entrainent de nombreux retards
• Il y a un employé des TEC qui ne s’occupe que de gérer le trafic étudiant
• À partir du premier février, il est prévu d’introduire un nouveau système de paiement avec des cartes rechargeables et des tickets à 2,5€ le trajet
• Dans le nouveau projet de mobilité liégeoise, les étudiants vont devoir prendre le tram pour atteindre le 48 Place Général Leman mais celui-ci n’aura que la capacité de 2 bus. Il circulera seulement toutes les 10 minutes et roulera à une vitesse de croisière de 20 kilomètres-heure.