Le combat pour l’égalité femmes-hommes a connu des avancées significatives au cours du XXème siècle, mais reste toujours d’actualité. On l’oublie souvent, mais il concerne toutes les femmes et pas uniquement l’Europe occidentale. Via la bédéthèque des savoirs et son ouvrage « Le Féminisme », zoom sur ces mouvements féministes qui n’ont pas levé leur dernier poing.

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Avant tout, comment définir le féminisme, cet îlot de mouvements qui est aujourd’hui, plus que jamais, questionné et médiatisé ? Il est presque impossible de le définir clairement car il est pluriel. Un point commun émerge tout de même : tous ces mouvements partent d’une prise de conscience qu’il existe une dévalorisation sociale, politique, économique et symbolique des femmes. La différence demeure sur sa cause et les moyens pour lutter contre. Le terme « féminisme » regroupe donc en réalité un ensemble de féminismes.

Première figure emblématique du féminisme français : Olympe de Gouges. Elle publie en 1791 la “Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne”, en réaction à celle qui ne concernait que les hommes et, implicitement, les favorisait. Ce souci d’universalisme est commun durant la Révolution française, mais ne permet pas d’inclure les femmes à la citoyenneté puisque assignées à l’espace domestique. C’est par cette assignation que le féminisme, en tant que mouvement politique, naît.

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Deux vagues principales

La « première vague » du féminisme s’étend du XIXème siècle jusqu’aux années 1950 et se caractérise par la lutte pour le droit de vote et l’accès à l’égalité dans la sphère publique.

La seconde, quant à elle, débute dans les années 1960 et prend un tournant majeur : il ne s’agit plus de vouloir atteindre l’émancipation des femmes, mais bien leur libération. Dès lors, le féminisme ne s’occupe plus seulement de la sphère publique, il englobe tous les aspects de la vie.

Plus concrètement, aux États-Unis, des groupes de parole réservés aux femmes se mettent en place. On y parle de problèmes rencontrés tous les jours : image corporelle, contraception, IVG, violences conjugales… Petit à petit, on emploie le terme « sexisme » pour décrire tous ces phénomènes discriminants.

Une réalité se manifeste : leurs problèmes personnels sont en fait politiques et aucune solution personnelle ne permettra de les résoudre. Une action collective est donc inévitable pour atteindre une solution globale.

Un peu plus tôt, en France, la célèbre citation de Simone de Beauvoir : “On ne naît pas femme, on le devient”, remet en cause l’argument biologique des inégalités sociales entre les hommes et les femmes. Le constructivisme surgit au cœur des débats : les différences sociales liées au sexe sont construites. On peut donc les combattre et les dissoudre.

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Qu’en est-il des femmes de couleur ?

Courant des années 1960-70, le féminisme dans le monde occidental défend en réalité un profil très précis : les femmes blanches, de classe moyenne et hétérosexuelles. L’invisibilité des femmes de couleur et/ou des femmes homosexuelles pèse de plus en plus lourd sur le moral des concernées. Des féministes non-blanches se lancent alors dans le combat qui mêle lutte féministe et lutte anti-raciste. Le « Black feminism » voit le jour. Il démarre aux États-Unis par et pour les femmes afro-américaines. La singularité de leur expérience du sexisme est mise en avant. Elles deviennent ainsi les premières à insister sur les intersections entre les différents rapports de domination : genre, « race », sexualité, handicap, âge et classe sociale.

Les femmes d’Orient vont également créer différents mouvements féministes qui seront, pour la plupart, basés sur le Coran.

« Nos désirs font désordre »

La question du désir sexuel féminin est souvent associée à l’hystérie, en lien avec la théorie psychanalyste de Freud. Comme si la sexualité des femmes était à part de celle des hommes.

Il faut rappeler que l’hétérosexualité est devenue un véritable système sociétal de domination masculine. Comme si les femmes n’étaient définies que par leurs rapports aux hommes. C’est ce qu’on va nommer « Male Gaze ». En réaction, se forme alors un « trans-féminisme ».

En conclusion, les combats de nos ancêtres ne sont pas anodins à l’octroiement des droits en matière d’égalité femmes-hommes. Il ne faut cependant perdre de vue ni les inégalités, ni les discriminations dont les femmes sont encore victimes aujourd’hui. Alors…“Résistons, prouvons que nous existons !”

Quelques chiffres de l’ONU sur les violences dont les femmes sont victimes, partout dans le monde :

• 70% des femmes dans le monde sont victimes de violences au cours de leur vie

• Dans le monde entier, 1 femme sur 5 sera victime de viol ou de tentative de viol

• 70% du trafic d’êtres humains dans le monde sont des femmes et des filles

• 133 millions de filles subissent des mutilations génitales chaque année

Lilou Tourneur