18 - Photo - ce que vous avez toujours voulu savoir sur ... l'égalité des chances! Nous sommes tous différents, personne ne contestera ce fait. Pourtant, la question de savoir si nous sommes tous égaux n’est pas dénuée d’intérêt. Nous nous sommes tournés vers Mme Annie Cornet, professeur de gestion des ressources humaines à la faculté de HEC, qui a créé, en 2001, une unité de recherches sur la problématique du genre et de la diversité en gestion.

De manière globale, l’ULg assure-t-elle l’égalité entre chaque étudiant?

En ce qui concerne l’égalité des droits, l’ULg admet que chaque étudiant est égal, sauf les étudiants de nationalité étrangère, qui doivent parfois remplir des conditions pour pouvoir être inscrits dans un cursus universitaire (liées à des contrats de séjour, à la valeur de leur diplôme…).

Cela dit, même s’il y a une égalité des droits, on constate tout de même des inégalités à la sortie. Par exemple, des études statistiques ont montré que les filles ont un taux de réussite plus élevé que les garçons, quelle que soit la filière. On peut donc se demander s’il y a des inégalités entre genres à l’Université… question qui reste, à ce jour, sans réponse.

L’Université peut-elle faire quelque chose contre ce constat?

C’est une question qui mérite qu’on y réfléchisse. Cette inégalité entre filles et garçons au niveau des études existe déjà (avec plus d’ampleur) au niveau de l’enseignement secondaire. Donc on peut dire que l’université règle un peu le problème. Mais il faudrait trouver d’où vient cependant cette inégalité qui subsiste pour tenter de l’atténuer davantage.

Et au niveau du taux de réussite en fonction de la nationalité, observe-t-on aussi une inégalité?

À ce niveau, on n’a malheureusement pas de données, puisqu’on ne peut pas, en Belgique, émettre d’études statistiques sur cette question. Mais je pense qu’il y a effectivement des taux de réussite différents selon les nationalités des étudiants. Si on pouvait constater de tels résultats via des études statistiques, on pourrait alors mettre en place de réels programmes d’égalité des chances, comme c’est le cas dans les Universités françaises. 

Mais il faut aussi dire que cette question est liée à celle des origines sociales de chaque étudiant. Le milieu social semble être un élément déterminant pour aborder cette question.

Par rapport à cette origine sociale, justement, ne peut-on pas dire que le système des bourses allouées par l’ULg aux étudiants venant de milieu moins aisés constitue un mécanisme en faveur de l’égalité des chances?

Oui, c’est sûr, le système des bourses et de réduction sur le minerval est un outil important d’égalité sociale. Mais ce n’est pas suffisant, car d’autres éléments sont à relier à la question de la réussite de l’année scolaire… comme le réseau social, ou encore les conditions de travail… Donc oui, de ce côté là, on peut encore faire mieux pour aider les étudiants à réussir leur année.

Maintenant, il est évident que ce genre de «problèmes» est aussi lié au type d’enseignement suivi au secondaire et au fait que les étudiants n’ont pas appris (ou n’apprennent pas) à utiliser les ressources mises à leur disposition pour les accompagner au cours de leur cursus.

D’où viendrait ce problème selon vous?

Je pense que le fait que nous soyons dans un «enseignement de masse» est une explication plausible, car ça casse toute relation personnalisée avec l’étudiant. Et un des facteurs de réussite pour un étudiant, c’est qu’il puisse avoir l’impression d’être autre chose qu’un numéro.

Adrien GUDELJ