Suite à notre interview d’une représentante syndicale du TEC dans notre numéro spéciale mobilité, nous avons rencontré Carine Zanella, directrice marketing et porte parole du TEC Liège-Verviers, ainsi qu’Olivia Perwez, gestionnaire réseau du même TEC, l’occasion de revenir sur le précédent article et de donner le point de vue de la direction locale du TEC sur la mobilité étudiante.

En février, un tout nouveau plan tarifaire

Si la fédé entend se battre pour des bus gratuits pour les étudiants, le TEC a décidé de ne pas suivre cette ligne et rejette la responsabilité d’une telle mesure à la région wallonne qui fourni aujourd’hui 75% de leur budget. Cependant, de ce côté-là non plus, la gratuité ne semble pas aller de soi puisque le ministre Henry vient d’accepter la proposition de modification tarifaire de la direction du TEC qui comporte…une augmentation des prix.
En effet, dès le premier février 2013, le prix du ticket va passer à 1,9€ et l’abonnement va légèrement augmenter lui aussi passant à 120€ pour les étudiants de moins de 25ans. La justification de cette augmentation vient, outre de l’indexation, de la « vigilance » du TEC pour cette rentrée d’argent qui représente le quart restant de son budget. Mais les changements que nous connaitrons en février dépasseront le prix du ticket avec deux points principaux : une refonte du système de carte de bus et l’élargissement de la réduction étudiante à tous les jeunes de 12 à 24 ans. Pour ce dernier point, nous pourrons regretter que c’est une question de facilité administrative qui motive cet élargissement alors que les demandes du côté étudiants visaient les étudiants plus âgés avant les jeunes de moins de 25 ans bénéficiant éventuellement déjà d’un revenu.
Cette réforme tarifaire a également pour but de préparer le projet de changement fondamentale de la billettique prévue pour février 2014 et qui verra abandonner les tickets que nous connaissons au profit d’une carte sans contact comme cela existe déjà à Bruxelles. Même si celle-ci ne semble pas à l’ordre du jour, une nouvelle augmentation des prix ne semble pas à exclure dans ce cadre.

Avec ou sans tram, la mobilité étudiante reste un casse-tête

Avec l’échec de Liège 2017, les choses ne semblent pas claires sur l’avenir du projet tram qui posait bien des questions au sujet de la mobilité étudiante. Pour le TEC qui s’estime bien conscient des problèmes spécifiques liés à la mobilité des étudiants, l’avenir des lignes 48 et 58 en cas de tram est toujours à l’étude mais l’option de les retirer du centre ville remporterait peu de succès. Une nouvelle ligne étudiant reliant le centre et le Sart Tilman serait même envisagée.

Quoiqu’il en soit, 28, 48 et 58 sont placés sous haute surveillance, un contrôleur y consacre en moyenne deux mois par an pour étudier ces lignes et proposer des améliorations. Si un changement de parcours ou du nombre d’arrêt n’est pas envisagé, le TEC concède n’avoir jamais étudié la possibilité de bus renfort aux heures de pointes limités au centre, Guillemins, Sart Tilman et CHU. Il a cependant renforcé la ligne avec un trajet supplémentaire le matin et une augmentation des bus articulés.

Du noctambus au bus de nuit

Quand on parle de bus de nuit à Liège, on pense au noctambus de la saint Sylvestre mis sur place pour permettre à tous de boire, rire et chanter en toute sécurité. Le TEC rappel à ce sujet deux problème si l’expérience devait être généralisée, d’une part son coût (22 000€ pour une nuit de noctambus) et d’autre part le parcours à donner à ce bus de nuit. En effet, certaines villes ont mis en place en service nocturne avec généralement une navette plus ou moins toutes les heures mais il n’est pas chose aisée de déterminer les circuits à mettre en place pour contenter un maximum de liégeois. Ceci étant, le TEC se dit prêt à étudier la question si la ville de Liège prend la décision de financer un tel service.