Après avoir gravi les marches de l’empereur et déchaîné les flammes de l’enfer, Alkpote est de retour, avec l’album Monument, bien déterminé à confirmer sa renaissance.

Vous êtes toutes mes putes, vous êtes tous mes fils” dès le premier refrain de l’album, Alkpote met les choses au clair, l’empereur trône au sommet de sa gloire et s’est définitivement installé dans le paysage du rap francophone. De rappeur underground à rappeur mainstream, Alkpote fait parti de cette petite minorité de rappeur à avoir réussi le passage de l’un à l’autre tout en conservant son authenticité. Deux décennies de travail acharné lui ont été nécessaires pour être reconnu par le grand public.

Son nouvel album Monuments confirme sa place de rappeur incontournable. Une place d’autant plus étonnante puisqu’il est originaire de la précédente génération de rappeur, celle de Booba, Seth Gueko et Rohff. 

Un monument se dresse

Adulé des uns, détesté des autres, l’aigle royal de Carthage a su briller par ses nombreux featurings avec les rappeurs de la nouvelle génération tels que Nekfeu, Roméo Elvis ou Vald. Des rappeurs qui reconnaissent son talent à jouer avec la langue française et qui lui ont apporté un public nouveau.

Après Les marches de l’empereur qui ont permis à Alkpote de connaître une renaissance et l’album très caricatural InfernoMonuments est une véritable bouffée d’air frais dans l’immense discographie de l’artiste. A l’inverse d’Inferno, l’album plus homogène propose des sons aux productions plus calmes. Les productions de BBP et Dolors, qui ont travaillé avec Damso et PNL, soulignent le tranchant des paroles d’Alkpote pour notre plus grand plaisir.

Concernant les collaborations, l’empereur cherche à contenter tout le monde avec deux featurings originaux et deux plus classiques. Les collaborations avec Katerine et Roméo Elvis ne dénotent pas et nous offrent deux morceaux aux sonorités surprenantes pour un Alkpote habitué aux productions plus rythmées. Elles se distinguent par rapport aux featurings avec Kalash Criminel et Kaaris. Deux featurings peu étonnants mais qui dégagent une force musicale peu commune, notamment le son Nautilus qui brille à tous les niveaux.
Il est tout de même dommage de ne pas trouver de featuring avec son protégé Luv Resval, peut-être que ce dernier n’est pas encore au niveau du maître.

Sur ses morceaux solos, Alkpote garde la même recette : rimes multisyllabiques, allitérations, assonances et allusions sexuelles à ne plus en pouvoir. On notera tout de même une volonté de varier les flows entre les morceaux pour terminer sur un final plus intime.

Le début de la sagesse ?

L’album porte bien son nom, Alkpote est un monument et renforce sa place dans le rap francophone de la nouvelle génération. Son album plus calme (un signe de sagesse ?) prouve qu’il est toujours un grand technicien même avec des productions moins rythmées. Pour ceux qui ne sont pas rassasiés, une dose supplémentaire de crasserie est possible grâce aux vidéos de CheckFood ou l’émission Thérapie de Vice.

 

Florian Schotter