Gêne, malaise, beaucoup d’émotions se bousculent lorsque nous voyons un mendiant dans la rue. Mais quelles histoires se cachent derrière chaque gobelet posé au sol? C’est la question que pose le Webdocumentaire Salauds de pauvres, disponible librement sur le site www.salaudsdepauvres.be. Ses créateurs, les deux journalistes Patrick Séverin et Michael De Plaen animaient la projection à la cité miroir le 18 mai passé. Témoignages, entretiens, chiffres, de quoi briser les idées reçues sur ces personnes que nous croisons quotidiennement. Entre autre, le fait que les mendiants ne sont pas toujours sans-abris. Certains ont un toit, une famille, mais pas de quoi boucler les fins de mois. Le site, pédagogique et didactique, se plonge dans les coulisses de la manche.

À liège, comme dans d’autres villes de Belgique, la pratique de la mendicité, légale depuis 1993 est soumise à un règlement communal. En théorie, les mendiants doivent respecter un calendrier, qui leur assigne une zone où faire la manche entre certaines heures. Il leur est également interdit de se réunir à plus de deux sur une même place. Le problème? “On assiste à une criminalisation des conséquences de la pauvreté” explique Layla Scheurette, auteure de la pétition“Vous auriez une cigarette s’il vous plait?” Un délit à Liège. Il y a quelques temps, Layla assistait à l’arrestation d’un mendiant qui lui demandait simplement une cigarette. Profondément choquée, elle invoque la dignité humaine pour condamner ces actes et attirer l’attention du Bourgmestre sur sa pétition qui réclame la suppression du règlement. De janvier à mai 2014, 1.500 interpellations policières de ce type sont comptabilisées, sans effet sur la diminution de la mendicité. Alors, que peut-on faire concrètement? Signer la pétition et en parler autour de soi est un bon début. On peut également apporter son soutien aux associations sociales déjà existantes. Et puis, que l’on donne une pièce ou non, le plus important reste le contact humain. Un sourire, un regard.

Sur un thème similaire, la cité miroir accueille l’Exposition permanente En Lutte. Histoires d’émancipation, qui traite des combats pour une société plus juste et solidaire.

—> https://www.change.org/p/vous-auriez-une-cigarette-s-il-vous-plait-un-d%C3%A9lit-%C3%A0-li%C3%A8ge 

Victoria KOFFI

Agir, oui mais comment ?

Nous ne sommes pas impuissants face à la détresse des SDF. À notre échelle, nous pouvons améliorer le quotidiens de ces personnes que nous croisons tous les jours.

Quelques suggestions d’actions possibles à ton échelle :

  • La première étape est de sourire, dire bonjour. Même si tu n’as rien à leur donner sur le moment, tu peux toujours être aimable, discuter. La faim et le froid ne sont pas leurs seuls combats, la solitude est également difficile à vivre.
  • Si tu sais, offre quelques pièces de monnaie. Ça ne va pas te mettre sur la paille, et ça aide toujours. Tu peux également leur proposer un café ou un sandwiches. Ou le biscuit que tu n’as pas mangé à 16h. Si tu le sens, n’hésite pas à demander ce dont ils ont besoin (ça peut aller des chaussettes aux protections hygiéniques), et accompagne les dans un magasin par exemple. 
  • Tu peux faire des dons en argent ou en nature à certaines organisations. A Liège, l’ASBL Sans Logis a toujours besoin de vaisselles, de vêtements, etc. Et si tu es fauché mais que tu as du temps à offrir, il est possible d’y faire du bénévolat. Les frais de déplacement sont remboursés, et tu y bénéficies d’une formation et d’une assurance

—> http://www.sans-logis.be/

Anne GERDAY