Marie-Madeleine Hubin
Madeleine-Marie Hubin est professeure d’Anglais et de relations internationales à HEC. Interprète de formation, sa vie est une suite d’opportunités et d’imprévus qu’elle a su saisir et dépasser.

Elle entre à Marie Haps, à Bruxelles, en 1987 comme étudiante en traduction, après avoir passé un an à Toronto. En master, elle opte finalement pour une formation d’interprète. En 1991, après avoir obtenu sa licence, elle s’inscrit à un master d’un an en Relations Internationales à l’Ulg. En 1992,  ses professeurs de Marie Haps la poussent à postuler à HEC Liège, l’établissement recherchant alors un/e professeur/e d’anglais. Pour leur faire plaisir, elle postule et obtient un temps plein. En 1999, elle est licenciée de l’UCL en Linguistique. Initialement, ce master devait la préparer à un doctorat. Des rebondissements dans sa vie personnelle vont la détourner de cette voie pour la conduire en 1999 à accepter la proposition d’un autre professeur d’HEC, Monsieur Hermans, consistant à dispenser des cours de relations internationales aux étudiants Erasmus. Aujourd’hui, elle travaille aussi pour le Centre International de Formation Européenne (CIFE) et donne cours pendant l’été. Cela lui permet de voyager. Beaucoup.

Madame Hubin décrit sa scolarité dans le supérieur comme « normale ». Elle ne fit pas son baptême, non pas par manque d’intérêt, mais surtout parce qu’elle ne buvait pas d’alcool (et n’en bois toujours pas d’ailleurs). « Ce qui ne m’empêchait pas de m’amuser » ajoute-t-elle, « lors de la Saint-Nicolas, je venais à Liège pour la fêter avec mes amis, puis je reprenais le train vers Bruxelles ». Elle fit à de nombreuses reprises des soirées dans son kot, à Schaerbeek. Sa voix trahissait une émotion et un plaisir manifeste à l’évocation de ces souvenirs.

« Le rythme des cours était soutenu » me confie-t-elle, « 30h/semaine. Et les cours étaient nombreux ». Les examens commençaient en outre le 15 mai avec une semaine complète d’examens de traduction, suivie de 2 semaines de blocus pour enfin se terminer par 3 semaines d’examens sur les autres cours. Son secret pour réussir, c’est la régularité. Et la vision à long terme des études: « on fait des études pour apprendre quelque chose. Lorsqu’on étudie, il faut avoir une vision à long terme de ses études et apprendre comment apprendre ». Voir où l’on va, en somme. Elle regrette que nous ne saisissions pas parfois toutes les opportunités qui nous sont offertes pour travailler convenablement, et parfois notre tendance au moindre effort: « je vois des étudiants qui parfois se plaignent du volume d’heures de cours ou qui font des calculs d’horaire pour ne pas avoir cours le vendredi ».

Mais par-dessus tout, c’est l’attrait pour l’autre qui la transporte. Elle a toujours choisi des orientations qui l’amènent à voyager, à rencontrer et à apprendre des autres. Aujourd’hui, durant ses universités d’été, ses voyages lui permettent de rencontrer un grand nombre d’étudiants de tous les horizons. « Il faut laisser une place à l’humain » affirme-t-elle. Elle nous pousse en outre à avoir une vie en-dehors des études. « Il vous faut vivre vos études sans avoir de regrets » et cultiver le goût de l’autre.

Interview réalisée par Thomas Ravanelli