Mise en scène par Fabrice Piazza, la pièce Ch@troom2.0 porte en elle une thématique forte : le cyber-harcèlement chez les adolescents. Neuf comédiens du Jeune Théâtre d’Appoint, âgés de 14 à 17 ans, illustrent avec brio les dangers de l’anonymat.

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Pourquoi avez-vous choisi de mettre en scène cette pièce ?

J’avais envie de travailler avec ces comédiens adolescents sur quelque chose qui racontait leur âge, qui montrait ce qu’est l’adolescence aujourd’hui. Vu que je ne les connaissais pas avant de travailler avec eux, je leur ai envoyé un questionnaire par mail pour faire connaissance, et le sujet du harcèlement est ressorti plusieurs fois. Je me suis rappelé avoir entendu parler de la pièce Ch@troom d’Enda Walsh. Celle-ci raconte à la fois l’histoire d’une manipulation cruelle et l’histoire d’une adolescence à la dérive. Dès la première lecture, les comédiens ont été emballés et ont insisté pour jouer cette pièce-là.

 

Comment avez-vous réactualisé la pièce ?

 

Je trouvais la pièce un peu courte, même si elle se suffit à elle-même. J’ai donc décidé d’entrecouper les dialogues avec des paroles tirées du documentaire Y.O.L.O., de Karim Bey. Nous y suivons des adolescents se filmant pendant un an et demi, face-caméra, racontant leur vie et leurs problèmes. Leurs paroles complétaient bien cet espèce de portrait sur l’adolescence, avec des questions existentielles sur la vie, la mort, le rapport aux parents,… des réflexions que tout adolescent pourrait se faire.

 

De plus, la pièce originelle ne comportait que six personnages, or j’avais neuf acteurs. J’ai donc réparti les répliques différemment, en passant de deux à cinq harceleurs, ce qui accentue l’effet de groupe.

 

J’ai actualisé une autre séquence en les faisant débattre  à propos de Miley Cyrus. La pièce de base évoquait Britney Spears, mais elle n’a plus le même impact sur les jeunes aujourd’hui. J’ai essayé de trouver un équivalent qui pouvait fonctionner et ai opté pour Miley Cyrus, qui a le même côté provoquant. J’ai aussi intégré dans la pièce un des débats que les acteurs ont eu sur Trump.

 

J’ai également modifié les choix musicaux des parties dansées. J’avais envie de plonger les spectateurs dans la musique d’adolescents et de choisir des musiques qui parlaient aux comédiens.

 

Enfin, la pièce ayant été écrite par un auteur irlandais, j’ai adapté les références anglaises afin de l’ancrer en Belgique. J’ai aussi francisé les prénoms des personnages en les remplaçant par les diminutifs des prénoms des acteurs.

 

Avez-vous rencontré des difficultés ?

 

Tout au long de la pièce, les comédiens sont assis face au public, pour illustrer le fait qu’ils s’adressent à un écran. Parvenir à les faire jouer ensemble sans se regarder ne fut pas évident au début. Mais le plus dur pour eux a été de devoir assumer le fait de danser entre les dialogues.

 

Travaillez-vous différemment quand vous jouez avec des adolescents ?

 

Quand je bosse avec des ados, j’aime bien traiter d’un sujet qui les fait réfléchir sur le monde, sur la vie, et qui fait réfléchir le public aussi. Faire jouer la thématique du cyber harcèlement par des ados fait dégager une force encore plus grande. Le fait d’avoir gardé les prénoms des comédiens crée également un trouble, ce sont des paroles qu’ils pourraient vraiment prononcer, ils jouent leur âge.

 

Propos recueillis par Fiona SORCE

A 20h les 2 et 3 mars

Salle Côté Cour , chaussée de Hannut 61 à Jodoigne

Réservations : www.letheatredappoint.be