Partir un an en Erasmus, ça peut vendre du rêve pour certains. Une réputation de vrai baroudeur, et une étiquette de touriste professionnel. La dolce vita insouciante, alors que tes amis se tapent une masse de travaux en guise de cadeau de rentrée en deuxième quadri. Mais erreur. Partir un an, c’est vraiment la plaie.

D’abord, il faut recommencer le pénible rituel de se faire de nouveaux amis. Parce que, oui, tous les Erasmus sont repartis chez eux, sauf toi. Le dernier pingouin sur la banquise. Les cours recommencent, et à nouveau c’est la case départ. Aucune tête connue à l’horizon, sauf peut-être deux autres olibrius que tu avais complètement zappés en début d’année. Ce n’est qu’après avoir constaté leur haleine de cheval que tu te souviens pourquoi ils avaient été délaissés. Les lasagnes Findus ne sont sans doute pas innocentes dans cette réalité fétide.  Ça y est, la solitude te gagne, et tu es à deux doigts de brandir une pancarte « Free Hugs » de désespoir, les yeux larmoyants.

Et puis pendant ce temps, à l’ULg, certains ont même oublié ton existence. Lorsque les profs citent ton nom, seul un irréductible émet encore un petit « Erasmus… » lent et blasé, pour signifier ton absence durant l’appel. Les autres pensent que tu as suivi le Pape et que tu as abdiqué, alors ils t’oublient. En guise de consolation, tu t’inscris sur les groupes Facebook de ton année à l’ULg, en observant silencieusement feu tes amis partager des private jokes sur des cours que tu n’as pas. Forever alone. Heureusement, il y a Findus, Fiiiindus !