Place du 20-août avec des étudiants du Baptême Philo et Lettres

Place du 20-août avec des étudiants du Baptême Philo et Lettres

Le baptême estudiantin ; un sujet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre dans la presse mais qui ne cesse d’avoir du succès auprès de la jeune génération étudiante. Une activité qui reste avant tout un choix pour l’étudiant qui divise encore. La preuve en deux témoignages…

a) Robin, étudiant de 24 ans est POUR

Etant baptisé, je suis évidemment pour. Je ne l’ai pas toujours été cependant : j’avais peur que le fait d’être gay me porte préjudice. Malgré une envie de le commencer, j’ai préféré renoncer. Or, durant ma première année, j’ai rencontré ma meilleure amie qui était baptisée et qui m’a rassuré sur mes craintes. Et c’est là selon moi la première erreur des gens qui sont contre : c’est qu’ils n’essayent pas de s’y intéresser un minimum.  

C’est quoi le baptême, réellement ? Ce sont des amis que j’ai rencontrés que je garderai toute ma vie, avec qui j’ai partagé des cours, des soirées, avec qui je suis parti plus d’une fois à l’étranger.  

C’est un humour, un second degré, une adrénaline et une solidarité qui permettent à tout un chacun de se dépasser et de se voir capable de choses qu’il n’aurait osé entreprendre d’habitude.  

C’est découvrir ma ville sous un autre jour, un folklore qui lui est propre dont je n’avais aucune idée, entouré de jeunes adultes comme moi qui le connaissent et le pérennisent.  

C’est m’épanouir dans un monde tolérant, ouvert, sympathique, guindailleur dans lequel je n’ai jamais été jugé sur mon apparence ou mon orientation sexuelle ; tout le contraire des mondes dans lesquels j’avais déjà vécu (scouts, l’école…).  

A(u) fond, cela semblera peut-être triste pour certains, mais le baptême est une des meilleures choses qui me soit arrivées, il m’a été tellement bénéfique et si je devais le recommencer, je le ferais sans hésiter : et co’n fèye po nin l’rouvî…

 

b) Quentin, étudiant bruxellois est CONTRE

Je suis Bruxellois et baptisé de Solvay. Et je dois m’exprimer sous l’anonymat.

A Solvay, pour ceux qui ne seraient pas au fait, une pratique récurrente, consiste à mettre une tranche d’ananas sur le pénis des hommes, les filles devant la récupérer via leur bouche. Inutile de préciser que pour que la tranche ne tombe pas, le pénis doit être en érection. Inutile non plus de préciser à qui revient le rôle de le masturber.

Je n’ai que trop peu de caractères pour m’exprimer. Sachez seulement cher.è.s étudiant.e.s que si j’ai fait mon baptême, c’est pour voir exactement ce qu’il s’y passe. La majeure partie de la communauté de baptisé.e.s refusant le débat de ceux.celles qui ne « savent pas ce que c’est ».

Je ne remets donc pas le folklore en question. Les chants, les guindailles, l’histoire, sont importantes à mes yeux. En revanche, j’estime qu’une communauté qui refuse de questionner ses pratiques folkloriques justement parce qu’elles sont folkloriques appartient à autre âge qui n’a pas sa place dans notre société. Chaque fois que le débat touchait aux pratiques réalisées pendant les bleusailles, les comités refusaient le débat prétextant faussement « le secret ».

Je crois en les libertés des individus. Je crois dès lors que refuser de présenter ses activités, c’est refuser la liberté du choix. Elle existe diront les comitards, sauf que si vous refusez de faire ce qui vous est ordonné vous serez sanctionné.

Qu’est-ce pour une liberté, que d’en sanctionner l’exercice ?

Alors, que vous soyez pour au contre les baptêmes estudiantins, ceux-ci ne vont pas cesser de faire couler encore beaucoup d’encre dans la presse…