Le café, le thé, le Redbull ou encore les gélules de vitamines C font partie de l’attirail d’un étudiant en blocus. Mais certains d’entre nous disposent d’autres armes pour survivre au stress et au temps d’étude limité des examens. Rencontre avec deux étudiants (* leurs noms ont été modifiés pour préserver l’anonymat) nous livrant leur témoignage sur deux substances les ayant aidés, selon eux, à survivre à leurs blocus.

Arthur* et la Rilatine
La Rilatine est un médicament prescrit aux enfants souffrant de TDAH (trouble déficitaire de l’attention, avec ou sans hyperactivité). Mais comme l’explique Arthur, ce dérivé des amphétamines sert à pallier les lacunes présentes dans son étude. « La Rilatine permet d’être ultra focus sur ce que tu fais. Tu arrêtes d’être dissipé. Et tout te paraît plus intéressant. J’ai plus facile de faire des liens entre mes cours, d’avoir une vraie recherche et une vraie réflexion derrière ». Cet ancien étudiant diplômé de l’ULiège n’oublie pas de préciser que la prise de Rilatine a un revers : « Si tu ne te motives pas à étudier avant de prendre de la Rilatine, tu peux zoner 2h sur Facebook sans voir le temps passer. Ta notion du temps est décalée. Tu te perds facilement dans tout ce que tu fais ». Arthur s’est donc imposé quelques règles. « Je commence à étudier 10 à 15 minutes avant de prendre de la Rilatine. Mais je n’en prends jamais le matin car ça te coupe l’appétit ». Sa règle primordiale reste la suivante : « Je ne consomme jamais de Rilatine pour un examen. Je n’ai d’ailleurs jamais ressenti le besoin de le faire. Prendre de la Rilatine pour un examen, c’est prendre le risque d’être trop lent. Ça peut aussi te rendre nerveux. Ce qui n’est pas l’idéal pour un examen oral par exemple ». Arthur insiste aussi sur le fait que la Rilatine le garde éveillé s’il en prend trop tard : « Je travaille mieux le soir parce que la journée est remplie de stimuli qui font que je suis vite dissipé. Mais je fais toujours attention de calculer l’heure limite à laquelle ne plus prendre. Boire une bière spéciale et quelques shots d’alcool reste ma solution pour être sûr d’aller dormir ». Conscient d’un blocus pas toujours sain, Arthur ajoute : « La Rilatine reste une demi solution.  Elle te donne l’impression de certitude, de mieux pouvoir anticiper. Vu que tes problèmes disparaissent pendant que tu es sous Rilatine, tu arrives encore plus à mettre le doigt dessus. Et ça devient frustrant de se forcer à étudier sans. Tu as moins de conviction. Mais cela ne règle pas le problème à la base. C’est plutôt un moyen de le contourner. ». Arthur explique qu’il y a une idée de double conditionnement avec la Rilatine : « Il faut d’abord se conditionner à étudier. Si je prends de la Rilatine, je dois étudier. Mais malheureusement ça m’a aussi conditionné à en prendre à chaque fois que je voulais étudier. Et ce n’est pas très sain ». 

Axelle* et la Marijuana 

Cannabis PNG« Je fumais déjà régulièrement le joint, donc j’ai continué pendant le blocus. C’était surtout le joint du soir après avoir fini d’étudier ou parfois en journée pour marquer une pause. Je fumais surtout dans le but de me relaxer et de « relâcher » mon esprit après la labeur de l’étude ! Je recherchais aussi la sensation de « bonne humeur » pour évacuer la pression due à l’étude et passer à la suite du programme plus sereinement. Cependant, je savais que fumer en excès pendant le blocus serait contre-productif, mais tant que ça ne m’empêchait pas de faire ce que j’avais à faire, je ne voyais pas de raison d’arrêter. La majorité du temps, les effets ressentis sont ceux que j’attendais. Par contre, cela rendait  la mémorisation un peu plus difficile, du coup je ne fumais jamais lorsque qu’il s’agissait d’étude « pure » mais plutôt quand je souhaitais faire des synthèses et réciter. Cela m’a aidé à avoir plus de patience face au travail. Je n’en ai jamais parlé avec un service de mon école, car même si ma consommation a été excessive par moment je ne l’ai jamais considérée comme problématique ». 

À travers ces témoignages, l’équipe du Torê compte faire transparaître le stress que les examens engendrent. Chaque étudiant reste libre de recourir aux solutions qu’il considère les plus adaptées à ses problèmes. Cependant, aucune drogue ne résoudra sur le long terme les difficultés qu’un étudiant peut rencontrer. Nous t’encourageons à te tourner vers des alternatives plus saines, autant pour ton corps que pour ton mental, qui peuvent t’être inconnues !

Si tu te questionnes sur ta consommation ou sur la vie étudiante en général, tu trouveras des informations sur le site www.tastout.ulg.ac.be (t’as tout en main pour que ça se passe bien). Tu peux aussi contacter le Service Qualité de Vie des Étudiants au besoin. Contacts : +32 (0)4 366 53 61 qualitedevie@ulg.ac.be 

 

Mallaury Lehnertz et Victoria Koffi