26Parler d’intégrisme et de radicalisme religieux peut parfois faire peur. C’est pourtant le sujet du nouveau film de Mahmoud Ben Mahmoud, Fatwa, sorti en salles ce 20 février. Un film difficile à mettre en place et à financer. En cause ? Le sujet sensible qu’il aborde sans tabou.  

Le film Fatwa s’inscrit dans la tradition d’un cinéma tunisien que l’on a vu se développer ces dernières années. Dans le sillage de Mohammed Ben Attia ou Leila Bouzit, le réalisateur belgo-tunisien Mahmoud Ben Mahmoud revient avec un film empreint de vérité et d’émotions. Il y dépeint un portrait contemporain de la Tunisie post-révolutionnaire, d’un pays qui se cherche encore et dans lequel plusieurs idéologies s’affrontent. Dans Fatwa, Ben Mahmoud aborde ce sujet à travers le fil rouge d’une enquête haletante, celle d’un père qui cherche à comprendre l’origine de la mort de son fils, militant pour une organisation salafiste.

Delphine Tomson, co-productrice du film, explique qu’ « À la base, le film aurait dû être tourné en Belgique. Cependant, nous n’avons pas pu trouver les financements nécessaires pour pouvoir le faire, notamment parce que le sujet du film était violent et faisait peur». Le réalisateur a donc décidé de ré-écrire l’histoire de manière à ce qu’elle se déroule en Tunisie, où il a trouvé le financement nécessaire pour produire le film. Malgré les difficultés rencontrées, Delphine Tomson nous confie que l’équipe tenait vraiment à mener le projet à bout. Pour eux, il s’agissait effectivement d’un sujet très important à dénoncer.

Hanna Schevenels