La Tête la première, un film d’Amélie Van Elmbt, retrace les aventures hasardeuses entre Adrien et Zoé, deux autostoppeurs en plein questionnement existentiel. De passage à Liège, le sympathique David Murgia et la charmante Alice de Lencquesaing ont accepté de confier leurs ressentis au P’tit Torê quant à leur 1er grand rôle au cinéma. Dès ce mercredi 10 octobre dans les salles!

Qu’est-ce qui vous a amené à collaborer avec Amélie ?

D.M. : Amélie venait à Liège afin de rencontrer des jeunes comédiens pour le prochain film de Jacques Doillon. On s’est fixé un rendez-vous à la Taverne de L’univers, près des Guillemins. On a fini par mettre de côté le projet initial pour aborder nos pulsions créatrices. Trois jours après, elle m’annonce qu’elle a autre chose pour moi, un film énergique, pas encore écrit,  dans la veine des road movies de Bouli Lanners. Je suis parti en vacances, et à mon retour, elle avait réuni toute une équipe et écrit un scénario.

A.de L : Moi aussi j’ai accepté le film sans scénario. Mais Amélie était tellement motivée que j’ai voulu instantanément faire partie de cette aventure ! Je savais que j’allais devoir m’investir à fond. Bon, même si déjà le troisième jour je pleurais dans ma chambre parce que j’étais épuisée! (rires) Pourtant, tous les matins, j’y retournais. Je ne voulais pas la décevoir !

Comment avez-vous fait pour travailler ensemble, la relation entre les personnages étant assez singulière?

A.de L. : David est hyper inventif! Il est épuisant! Il propose constamment de nouvelles idées, des conseils pour le jeu… C’est très stimulant!

Adrien n’est-il pas finalement cet homme moderne rangé, prêt pour une vie de famille, et réciproquement, Zoé la femme moderne, en quête de liberté sexuelle et émotionnelle ?

A.de L. : C’est définitivement une histoire de jeunes adultes cherchant à s’émanciper d’une époque, d’un cadre social. Ils sont indépendants, libres de tout, sans attache matérielle, sans attache quelconque ! Zoé est fougueuse et Adrien est un peu… Inconscient!

D.M. : Oui mais ce n’est pas de la bêtise.  C’est de l’instinct !

Amélie ne vous avait-elle pas parlé d’un film basé sur l’improvisation?

D.M. : Oui, mais déjà  c’était improvisé que je travaille avec elle, c’était une rencontre imprévue et fulgurante. Donc il était juste que l’improvisation se mette dans le projet. Sauf qu’Amélie ne bénéficiait  que de 3 semaines de tournage, et pour que ça ne parte pas dans tous les sens, un scénario était indispensable.

C’est une nécessité pour un acteur d’être touche à tout ?

A.de L. : Oui ! Premièrement, il faut bien gagner sa vie ! Et puis c’est beaucoup trop frustrant. Ce n’est pas de la création pure, c’est de l’interprétation. On dépend du désir d’autrui. On n’est donc en recherche constante de propositions, d’histoires, de projets…

D.M. :Être comédien, être acteur, ou réalisateur ce n’est pas vraiment être touche à tout. C’est juste porter un regard curieux sur les différentes facettes du métier d’artiste!


David, tu as joué récemment dans Silence on détourne, un court métrage dans lequel tu interprètes un ouvrier d’Arcelor Mital. En cette période, le film sonne plutôt « engagé ». Un acteur doit-il aller vers les films à cause ?

D.M. : Cette une question que je me pose effectivement avant d’accepter un film. Mais il faut savoir faire la différence entre ce que l’on crée, et ce que l’on peut faire pour aider les énergies existantes. J’essaie d’apprendre à faire cette distinction-là. Puis c’est un peu ça, être « acteur », c’est acter, bien plus que jouer. Quand on crée des histoires pour un public, c’est au monde entier qu’on s’adresse. Et quand on a cette opportunité-là, autant apporter du sens.

 

Sortie ce Mercredi 10 octobre!