Bandits, c’est un groupe de musique pour les enfants, mais pas trop gentil. Ils jonglent entre musique country et déguisements de princesse, de pirate, mais aussi…de caca. Dans l’équipe, on retrouve deux chanteurs : Caroline et sa perruque bleue et Christophe et ses belles chemises colorées. Mirko, lui, enflamme la scène avec sa guitare électrique. Au fil du temps, ce trio s’est agrandi : Charles et ses guitares les ont rejoints, ainsi qu’Éric aux batteries, et Gaby à la basse. Le résultat ? Un groupe original et pas gnangnan aux multiples facettes. Rencontre avec les idoles des tous-petits.

Bandits aux Francofolies de Spa 2019 (© Margot Rondia)

Bandits aux Francofolies de Spa 2019 (© Margot Rondia)

Comment est né Bandits ?

Mirko : À la base, on a créé le projet à trois avec Christophe et Caroline. C’est l’amour des projets et de la musique qui nous a réunis.  L’idée, c’était de faire de la musique pour enfants, mais surtout pas sur un ton niais. On n’a pas choisi une ligne de conduite précise. Chacun d’entre nous apporte quelque chose au groupe. On a tous les trois une personnalité ainsi qu’une créativité qui peuvent être complémentaires : que ce soit au niveau de la musique que je compose, des textes de Christophe ou la façon dont Caroline place sa voix. C’est cette complémentarité qui fait la cohérence du projet, mais aussi sa richesse.

Pourquoi le nom Bandits ?

Mirko : On cherchait quelque chose qui sortait de l’ordinaire, quelque chose de pas trop gentil, mais pas de trop méchant non plus. Christophe a proposé le nom « Bandits ». Ça m’a touché car c’était le surnom que mon père me donnait quand j’étais petit. On est parti là-dessus, ça colle bien avec notre univers.

Caroline : Il y a aussi le côté « gamins de merde », on n’est pas tout proprets, tous gentils.

Christophe : On ne voulait pas être trop mignons !

Bandits aux Francofolies de Spa 2019 (© Margot Rondia)

Bandits aux Francofolies de Spa 2019 (© Margot Rondia)

Pourquoi de la musique pour enfant ?

 Christophe : Ça fait 20 ans que je fais de la musique. J’en avais un peu marre de jouer dans des salles à moitié vides avec des gens qui viennent juste pour boire des bières. Le manque d’attention et le manque de monde, c’était une frustration pour moi. J’avais envie de faire un vrai concert devant un public qui vient pour écouter de la musique. Je me suis dit que s’il y avait bien un public attentif, ce sont les enfants. Ils ne trichent pas : s’ils aiment, ils aiment.

Mirko : Un enfant vient à un concert uniquement pour profiter. À la fin d’un concert, il ne dira jamais : « c’était bien, MAIS… ». Les adultes sont plus critiques, ils se laissent difficilement aller. Dans le milieu artistique, je pense qu’il n’y a jamais eu de vraie sincérité entre les artistes et les gens qui viennent les écouter. Tandis que là, il n’y a pas plus sincère. Et puis les enfants sont beaucoup plus malins qu’on pourrait le croire : ils comprennent le fond de nos chansons et ils sont touchés.

Quelles sont vos inspirations ?

Christophe : Pour les paroles, je m’inspire de mes enfants. J’écris sur les thèmes qui les fascinent : les fantômes, les méchants loups, les bagarres, le caca… Le caca, c’est vraiment un sujet qui les captive à cet âge-là.  Quand on est adulte, on ne s’en rend pas toujours compte. On a une chanson sur le caca qui effraie parfois certains parents. Mais nous, on parle aux enfants de ce qui les intéresse. On n’essaie pas de raconter des comptines.

Mirko : On ne fait pas de la musique qui fait plaisir aux parents. On veut toucher les enfants en premier.

Bandits aux Francofolies de Spa 2019 (© Margot Rondia)

Bandits aux Francofolies de Spa 2019 (© Margot Rondia)

Chanter pour des enfants, c’est différent ?

 Christophe : Personnellement, je chante de la même manière dans mes projets pour adultes que pour « Bandits ».

Caroline : Rien ne change vraiment. On essaie d’offrir aux enfants un vrai concert. Par exemple dans la chanson « Pirates et princesses », Christophe et moi nous retirons du centre de la scène pour laisser la place aux musiciens. Charles et Mirko leur montrent ce que c’est une qu’une guitare ou un banjo. On trouve ça important que les musiciens soient là pour eux, et pas juste derrière nous.

Costumes de princesse, de pirate, de caca…Se déguiser pendant les concerts, c’est une des caractéristiques du groupe ?

Caroline : Pour moi les costumes c’est une évidence. Même en dehors du concert pour enfants, j’adore ça ! Au départ, j’imaginais tous les musiciens déguisés, mais ils n’avaient pas trop envie donc je me suis dit que j’allais me lâcher. J’ai une grosse malle à déguisements sur scène pour aller chercher tout ce que je veux pendant le concert. Ça permet aussi d’être tout à fait honnête vis-à-vis des enfants et de ne pas avoir un costume super élaboré. Je prends des oreilles et un nez : je suis un cochon et ça c’est magique !

Bandits aux Francofolies de Spa 2019 (© Margot Rondia)

Bandits aux Francofolies de Spa 2019 (© Margot Rondia)

C’est quoi la suite ?

Caroline : Pour la suite, on aimerait se lancer dans un deuxième album. On a commencé des choses, et il y en a d’autres qui se créent. On n’a pas encore de thème défini, mais on a des idées. J’ai très envie d’un album de Noël, peut-être qu’un jour on le fera.

Propos recueillis par Tom Léonet et Hanna Schevenels