Le terme “basoche” renvoie à l’origine aux gens de justice désignés par les clercs du palais- royal au 14ème siècle en France. L’ordre de la basoche, héritier d’une longue tradition, voit circuler beaucoup de rumeurs à son sujet, souvent entretenues par le secret. Mais ce secret et cette exclusivité dont se targue l’ordre, empêchent de démêler le vrai du faux. Dans le vrai, on sait que le journal de la Basoche s’est retrouvé au coeur d’une polémique l’année dernière. En cause? Certains étudiants et médias estimant que cette publication satirique relatant des anecdotes racoleuses sur les étudiants de la faculté de droit, devrait être interdite par l’université.

Dans un autre registre, des voix se sont levées dernièrement pour dénoncer le sexisme au sein de l’organisme. Réservé aux hommes, certaines femmes gravitent autour de l’ordre sans en faire partie. Elles reçoivent le titre de “satellites”. Elles aident à organiser les activités et événements de la Basoche. Face à ces accusations de sexisme, le “Grand-Maître” se défend : “S’il est vrai que nous sommes perméables à la gent féminine lors de la sélection de nos membres et que nous promouvons un folklore interne favorable au public masculin, ça ne veut absolument pas dire que nous nous pensons supérieur au genre féminin. […] Par ailleurs, nous encourageons très fortement la formation d’un pendant féminin à l’Ordre de la Basoche.”

Bref, que l’on connaisse ou pas cet ordre de l’intérieur, il revient à chacun de juger en son bon droit.

Témoignage du « Grand-Maître » de la Basoche, Muslim Chinkhoyev:

« La première caractéristique qui nous représente est l’Exclusivité, qui nous démarque des autres cercles estudiantins. Nous sommes une association d’étudiants guindailleurs  qui a pour objectif d’amener l’hallucination par la boisson et la personnification du Grand-Maître au sein de la Faculté de droit. Nous sommes les gardiens du folklore académique. La seconde caractéristique nous représentant est le Secret.

Concernant le Journal de La Basoche, nous avons eu quelques critiques de personnes choquées par ce journal satirique. Celui-ci a pour vocation de faire rire et demande un minimum de second degré, chose que parfois certains n’ont pas. Malgré qu’il ait pu, à certaines rares occasions, être simplement méchant, notre journal se veut surtout drôle. »

Témoignage de Thomas*, étudiant:

« Un ami a fait un témoignage anonyme et mon nom s’est retrouvé dans le journal. Des choses très méchantes et personnelles ont été publiées, j’ai eu beaucoup de problèmes après à ça. »

  • Nom d’emprunt

Témoignage de David, ancien membre de l’Ordre de la Basoche :  

“J’y suis resté environ 7 mois en tant que Néophyte, ou en tant que “bleu” si l’on veut comparer ça au baptême. La Basoche accepte tout le monde en satellite mais il faut rester sincère quant à ses intentions. Si les gens veulent devenir proche de la Basoche, je pense que c’est pour jouir du prestige illusoire que l’ordre procure. Je ne sais pas si il faudrait ouvrir la Basoche aux femmes… C’est une institution assez vieille et masculine, cela briserait la tradition….”

Victoria KOFFI et Anne GERDAY