Le printemps est de retour. Le blocus aussi. Vous tressaillez,  vos jambes vacillent. Vous courez vous réfugier dans votre chambre. Grosse erreur. Là, sur votre « bureau », dans un désordre inquiétant, entre vos vêtements froissés et vos 36 canettes de Schweppes vides, gisent vos futurs bourreaux, qui tels d’ineffables complices gloussent déjà à la perspective de votre échec imminent. Mais avant le massacre, la torture…  Ne perdez pas espoir, le P’tit Torê expérimente pour vous  les 5 conseils (bateaux ?) d’une pré-session réussie.


1 –      Se lever plus tôt et bien manger 

Motivé comme jamais, épuisant votre dernière cartouche, vous avez lu, un jour, qu’un déjeuner sain était meilleur qu’un bol de céréales, affalé devant votre téléviseur. Étant au stade 1, à savoir le déni, de « comment rater son blocus pour les nuls», vous êtes empreint d’un sentiment de légèreté : tout se passera bien. Aimable, refusant de petit-déjeuner seul à 13h, vous vous levez plus tôt, à fin d’optimiser votre journée d’étude, puis vous dressez la table, et ne faisant pas les choses à moitié, vous pressez un jus d’orange frais pour toute votre famille (vous êtes 6)pour faire le plein de vitamines. Vous passez un délicieux moment, et offrez même de faire la vaisselle. Lorsque vous vous décidez à ouvrir votre cours, il est… 13h.

2 –      Se faire un planning

Un peu agacé (le temps presse), vous établissez une liste de priorités. Un stylo à la main, des post-its de couleur et trois-quatre fluos, et vous êtes paré. Vous les collez un peu partout, faites des ratures, et vous commencez à vous interroger sur le contenu du cours, pourtant vous êtes à peu près sûr d’avoir assisté à chacun d’entre eux. Puis, vous regrettez amèrement d’avoir passé autant de temps sur “tout le monde veut prendre sa place”. Répondre cash à toutes les questions de Nagui ne vous sera d’aucune aide.

3 –      Faire du sport

Vos parents vous abandonnent l’espace de quelques jours (car rappelons-le, en cette période, certains sont véritablement en vacances) et vous considérant inapte à faire bouillir ne serait-ce qu’un peu d’eau, ils vous laissent un frigo plein de plats tout préparés. Mais « Mens sana in corpore sano » disait le cours de latin qui jonche encore dans un coin de votre chambre depuis trois ans maintenant. En tenue de sport, échauffé, vous vous lancez dans un marathon impitoyable dans la nature, un bol d’air frais vous fera le plus grand bien. Vous courrez, et vous vous sentez tout à coup plus léger. Il commence à pleuvoir. Mais vous continuez votre course, enfin apaisé. Arrivé chez vous (trempé) : un frisson,  et une multitude de mouchoirs.

4 –      Dormir

Malade, et sous l’emprise des médicaments, vous prenez la décision de vous reposer. C’est la seule solution. Une nuit de sommeil est essentielle à la réussite des examens parait-il.  Mais, votre rhume, votre conscience, votre ainé surdoué et la culpabilité forment un cocktail bien plus explosif que les dernières tournées que vous aviez frénétiquement enchainées lors du bal médecine. Les conséquences sont identiques : nausées et migraines. Vous vagabondez de cauchemar en cauchemar, mais c’est toujours mieux que votre cours d’économie politique.

5 –      Souffler

On dit que respirer, c’est la clef… Le blocus bien entamé et au bord du désespoir, vous n’avez plus vraiment le choix et vous vous prêtez à cet exercice ridicule. Les paupières closes, vous soufflez une fois, deux fois, trois fois. Mais, lorsque vous les ouvrez, pas de solution miracle. Votre espace de travail est enseveli sous une centaine de mouchoirs usagés et de post-its jaunes et verts surlignés de couleurs qui sont si jolies, mais qui, après une semaine, ne veulent plus dire grand-chose pour vous. À vos pieds, un ouvrage épais, aussi lourd que la pression qui pèse sur vos épaules.

Vous ne soufflez plus, vous soupirez.

Le P’tit Torê aura vraiment tout essayé. Au fond, faites comme chaque année, allez-y avec le talent ! Bonne chance !