Une quantité d’e-mails nous est envoyée chaque année soulignant l’importance d’une voix étudiante et nous incitant à voter. Ces derniers ne semblent pourtant pas persuader la majorité. Aux dernières élections, le taux d’abstention était de 73%. Pourquoi près de ¾ des étudiants ne votent-ils pas? Un micro-trottoir interroge quelques-uns d’entre eux.

La réponse de Mélanie, étudiante en 1ère année de master en Journalisme, est directe :« Non, je ne voterai pas cette année. Je suis à l’ULg depuis septembre. Je n’ai jamais entendu parler d’élections étudiantes. Je ne connais aucun candidat, n’ai vu aucune affiche, ni programme de parti. A Namur, il y avait beaucoup plus de publicité. Les listes circulaient pendant les cours, les différents candidats se présentaient dans tous les amphis, les professeurs nous incitaient à voter. On nous disait que s’il n’y avait pas 60 % de participation, il faudrait recommencer les élections. Au final, leur communication fonctionnait. Les étudiants votaient ».

Quand Adrienne entend les explications de son amie, elle ajoute : « A Louvain-la-Neuve, c’est la même chose. Un mois ou deux avant les élections, les étudiants impliqués se rejoignent sur la Grand-Place et distribuent leurs tracts. Tous les midis, on peut les croiser. J’ai voté mes 5 années passées à l’UCL. Les élections duraient 3 jours. On nous rabâchait tellement les oreilles avec ça que tout le monde y allait. »

Pour Morgane, étudiante en Médecine vétérinaire, le problème est ailleurs. « On a aucun retour. On entend parler des élections, mais uniquement le mois les précédant. Certains candidats nous expliquaient les programmes. Cette année, personne n’est venu. Puis, les gens votent pour leurs amis, pour les étudiants de leur faculté, pour les individus dont ils se sentent proches et non par conviction. Et il n’y a aucun retour. On ne sait même pas qui gagnent ou quels sont les projets mis en place. Enfin, s’il y a information à ce sujet, elle ne nous parvient pas. Je préfère m’abstenir

Caroline, étudiante en Droit, ne se sent pas concernée par la politique. « Je n’y connais rien. Cela ne m’intéresse pas. ». Renaud, quant à lui, n’hésite pas à affirmer : « Je m’en fous complètement. Il n’y a pas de problème à régler au sein de l’université !» Pierre, étudiant en Sciences économiques et de gestion, raconte : « J’ai déjà voté, mais je ne me sens pas impliqué. Deux individus sont venus en classe. C’était un peu la guerre entre les deux groupes. Je ne sais même pas vous citer le nom des partis. »

Apprenant la Communication depuis 2 années à L’ULg, Yannick n’a toujours pas voté. « Je n’y ai jamais participé jusqu’à maintenant. Je ne vote que si je connais réellement les candidats. Or, comme je n’ai pris ni la peine ni le temps de les connaître, je  préfère passer mon tour.  Les informations concernant les différents partis ne nous parviennent pas. Nous n’allons pas les chercher non plus. Quand on voit les présidentielles en France, on va chercher l’information, beaucoup d’étudiants s’y intéressent. »

Thomas explique qu’il a voté l’année dernière, pensant les élections obligatoires.  Témoignage amusant qui révèle, cependant, l’existence de gros problèmes de communication au sein de l’institution. Paradoxalement, tous les interrogés, bien qu’ils se soient abstenus, considèrent l’activisme étudiant nécessaire. Qui plus est, lorsqu’ils doivent choisir ce qui leur paraît le plus important entre  l’activisme intra-universitaire ou extra universitaire, leurs réponses fusent: l’intra-universitaire. « Il est plus proche de nous, il nous concerne directement ».  Pourtant, aucun ne vote que cela soit par manque d’intérêt ou d’information. Une différence notoire sépare ces deux raisons.

Hélène Brédart