Nous le savons, la pollution des océans, notamment due à notre production de plastique, nuit à l’écosystème de notre planète. C’est sur ce constat que deux écologistes ont décidé de créer l’association Wings of the Ocean pour permettre à des éco-volontaires sans expérience dans la navigation, de parcourir la mer en voilier pour nettoyer les océans. Mélissa Dossin, jeune danseuse liégeoise de formation, a sauté sur l’occasion. À la veille de son voyage de 4 mois jusqu’aux Açores, le P’Tit Torê te propose de te plonger dans les raisons de son engagement envers la vie marine.

Melissa Dossin devant le Kraken

Quelle est la mission principale derrière ce projet ? 

La mission principale du voilier de Wings of the Ocean, nommé le Kraken, est d’agir directement en mer et de se rendre dans les zones polluées afin d’y retirer du plastique et des filets dérivants. Le but est de mener des actions concrètes, comme des nettoyages de plages par exemple. L’association a également mis en place une école de voile et une base d’accueil de scientifiques, de médias et de projets éducatifs. Ce système permettra de sensibiliser et d’ouvrir les consciences sur l’état de nos océans et l’importance qu’ils ont dans notre écosystème.

Des éco-volontaires ramassant des déchets sur la plage

Quel a été ta première motivation pour t’embarquer ? Étais-tu engagée dans la défense de l’environnement avant de t’inscrire ?   

Pas vraiment, mais j’ai toujours été sensible à la nature et aux animaux. Depuis cette décision, je me sens beaucoup plus engagée et j’essaye de changer mon quotidien afin de nuire le moins possible à notre planète. Je ne suis pas encore irréprochable mais je me sens prête à l’être. En fait, Wings of the Ocean est plutôt une ouverture sur mon engagement écologique plutôt qu’un aboutissement. L’association donne une ouverture au monde et une possibilité d’agir et c’est ce qui m’a particulièrement attiré dans le projet ! Ma première motivation c’est de le faire pour les animaux. Cependant, il faut rester humble, nous n’allons pas pouvoir nettoyer la totalité des Océans mais c’est un pas qui va à l’encontre de la destruction. Si nous marchions tous dans cette direction, nous pourrions faire quelque chose. Il ne faut pas penser au résultat. Il faut faire sa part, de son mieux, et puis le reste suivra.   

 

Mélissa Dossin (à droite) accompagnée d’une volontaire sur le pont du voilier

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans un projet aussi ambitieux que le tien ? 

Mon conseil serait d’écouter son cœur, de ne pas trop réfléchir et d’agir. Nous devons nous préparer aux répercussions des erreurs des générations précédentes. Les valeurs de sécurité et de stabilité que l’on nous a inculquées sont maintenant absurdes lorsque l’on sait que la planète sur laquelle nous vivons ne l’est plus elle-même. Travaillons déjà sur notre premier habitat, redonnons-lui une stabilité, une sécurité. Je pense qu’il faut mettre ce problème au centre des discussions, car c’est ce qui constitue l’avenir. J’ai choisi d’attraper cette corde, mais il en existe pleins d’autres et il reste la possibilité de créer ses propres projets.

As-tu des craintes avant ton départ ? 

J’ai forcément dû me renseigner sur l’équipement adapté à la vie en mer, qui est un milieu inconnu pour moi. Ma crainte est que l’on me coupe dans mon élan, mais je pense que mon engagement est assez fort pour que je me débrouille toujours et que je ne m’écarte pas de mon choix de cœur et de raison. 

 

Propos recueillis par Victoria Koffi