Il est 20h, vous rentrez tout doucement d’un cours interminable, vous arrivez dans votre kot, le ventre hurlant de faim.

Ce genre de situation peut être commune, si pas quotidienne, pour la plupart des étudiants. S’offrent alors généralement deux choix: soit sortir chercher une ènième frite ou pizza soit tenter d’imaginer un repas rapide ou surgelé, faute de talent de cuisinier. Vous repensez alors aux excellents plats équilibrés de votre famille, toujours chauds à votre retour, vous salivez, vous regrettez peut-être même d’être en kot.

C’est de ce constat que deux étudiants d’HEC sont partis un soir et y ont vu une opportunité : Kot Kitchen venait de naître. Cette petite entreprise propose la livraison à domicile de plats faits comme à la maison, avec un menu classique, les incontournables, et des plats variant chaque semaine, le tout aux alentours de 6 euros le plat ou 30 euros la semaine.

Grâce au bouche-à-oreille, aux réseaux sociaux ou à quelques clients fidèles, cette start-up fournit aujourd’hui près d’une quinzaine de personnes par semaine, une réelle évolution pour ces auto-entrepreneurs qui préfèrent ne pas viser trop haut tout de suite. En fait, une idée comme Kot Kitchen, se travaille, se construit petit à petit, sans se presser pour ne pas faire d’erreur. Gestion de la communication, livraison des produits, accord avec un traiteur, organisation des commandes, tout est actuellement géré par les deux étudiants. Alors qu’ils jonglent entre leurs études et leur entreprise, ils ne regrettent rien du projet et considèrent que c’est le meilleur moment pour se lancer, apprendre le métier et la gestion commerciale.

Amis, désormais collaborateurs ou associés, ils ont décidé de mettre en partie leur vie nocturne (et quelques heures de sommeil) au service de leur boîte. Selon eux, le plus dur n’a pas été la création de Kot Kitchen, mais son exposition : On a commencé avec des amis, des gens qu’on connaissait, la famille puis, petit à petit, on a commencé à livrer des inconnus, d’authentiques clients, et eux il fallait les fidéliser. C’est passé par la qualité de nos repas avant tout.

Alors que l’ULiège propose désormais des incubateurs de start-up, les deux amis espèrent pouvoir tenter l’expérience et intégrer ce genre de groupe de travail. Les avantages peuvent en effet être nombreux et variés : service juridique, développement des outils, rencontre avec des professionnels. “On a principalement besoin de visibilité: la gestion du commerce et des commandes se passe bien mais on aimerait toucher un public plus large”. Lorsqu’on leur demande comment ils voient leur avenir et celui de Kot Kitchen, c’est avec des étoiles dans les yeux qu’ils rêvent d’un service de livraison suffisamment important pour concurrencer, à Liège tout du moins, les géants américains

Hugo Leroy