Alex, étudiante à l’université, a accepté de répondre à quelques questions sur son identité de genre et son expérience au sein de l’université. Encore beaucoup de personnes sont mal informées et se posent des questions sur ce que cela implique d’être transgenre, même si ces dernières années cela évolue. Voici une occasion d’en apprendre un peu plus !

Etre transgenre à l’université, c’est différent ? Tu assumais autant ta féminité avant tes études ?

« J’ai commencé à assumer mon identité de genre à l’université, donc je n’ai pas vraiment de point de comparaison. En secondaire, j’étais considérée comme une personne homosexuelle. Ma féminité est apparue au fil du temps, je me suis d’abord rendue compte que les vêtements masculins ne me correspondaient pas. Mais ça s’est fait petit à petit, je ne voulais pas que ce soit un choc pour ma famille. Donc j’ai commencé par les vêtements, puis le maquillage, etc. J’avais besoin de prendre mon temps, mais j’assumais ma féminité malgré tout. »

Est-ce que en général les gens sont plutôt ouverts d’esprit, tolérants à l’ULg ?

« J’ai de la chance, je n’ai jamais subi d’insultes ou de remarques déplacées. Je reçois des regards interrogateurs, mais sans plus. Justement, l’université est un endroit où les gens ont des réactions assez positives. Le seul problème que je rencontre souvent, c’est que mes professeurs utilisent mon prénom masculin. Mais ça ne me dérange pas vraiment. »

Qu’as-tu à dire aux jeunes personnes transgenres ou transsexuelles ? Est-ce que tu aurais un conseil à leur donner ?

« Je pense qu’au départ il faut essayer de définir ce qu’on veut, de s’assurer qu’on sait où on va. Il faut en parler, que ce soit à la famille, aux amis. Si la personne se sent seule, la meilleure solution est de se tourner vers une association de soutien, où elle pourra rencontrer des personnes qui la comprennent, qui lui ressemblent et qui la portent. Personnellement, cela m’a énormément aidée. Je suis dans le milieu associatif depuis trois ans, et sans cela je ne pense pas que j’aurais réussi à assumer ma féminité aussi facilement.

Fin janvier, Trump a supprimé une loi qui permettait aux étudiants trans d’aller dans les toilettes qui correspondaient à leur genre. Qu’est-ce que cela t’as fait ressentir ?

« J’ai eu le sentiment d’un grand retour en arrière. J’ai trouvé ça dommage car aller dans les toilettes qui ne correspondent pas à notre genre reste très difficile, on ne se sent pas à sa place. Donc ce que j’aurais envie de dire aux personnes concernées, c’est de continuer à utiliser les WC qui leur correspondent. Il m’est déjà arrivé d’aller dans les toilettes des hommes, et qu’on me dise de sortir et d’aller chez les femmes (rire). »

Anne GERDAY