Retour sur les mesures prises en 2016

Marcourt dans le cadre de son décret Paysage

Si vous êtes étudiant boursier, cet article ne va pas tarder à vous parler. Rappelons le, en 2016, Jean-Claude Marcourt, ministre de l’enseignement, réforme les critères nécessaires à l’obtention d’une bourse d’étude. D’une part, il supprime le critère académique, qui était auparavant nécessaire à l’obtention d’une allocation d’étude. L’étudiant n’avait droit qu’à une seule année joker, c’est-à-dire une année d’échec par cycle d’études. Mais suite au décret « paysage », les critères – notamment ceux de réussite – ont forcément du être revus.

Mais cette mesure n’a pas été sans conséquences puisque pour la financer, Jean-Claude Marcourt a introduit une mesure qui a mis plus d’un étudiant dans l’embarras : la globalisation des revenus. Quésaco ? Et bien en réalité, l’ensemble des revenus du ménage de l’étudiant étaient cette année pris en compte pour déterminer si oui ou non il se verrait accorder une bourse. Une décision très mal vécue pour certains étudiants qui jusque là avaient droit à une bourse chaque année et qui ne comprennent pas pour quelle raison on devrait prendre en compte les revenus de leurs frères et sœurs comme s’ils contribuaient à financer leurs études. La députée Isabelle Moinnet soulignait d’ailleurs « la globalisation des revenus méconnaît la pluralité des modèles familiaux, handicapent les familles nombreuses et fait fi des réalités des jeunes qui, à défaut d’emploi ou de moyens de se loger, vivent de plus en plus longtemps chez leurs parents ».

Plus alarmant encore, en plus des deux mesures précédemment expliquées, la réforme prévoyait le refus d’une bourse d’étude pour tous les étudiants dont les revenus familiaux étaient inférieurs au plancher fixé (soit moins de 496 euros mensuels) avec deux enfants à charge. En d’autres termes, trop peu de revenus ne permettaient plus d’obtenir une aide financière. La raison ? Éviter la fraude ! En effet, le ministre de l’enseignement considère qu’il est « impossible » de vivre en dessous de ce seuil à deux. Un choix qui en a laissé plus d’un sans voix puisqu’une bourse d’étude est normalement accordée aux étudiants dans le besoin. Cette mesure était donc pour beaucoup considérée comme contre-productive et excluante pour les familles les plus précarisées.

Une mauvaise organisation

Suite à toutes ces nouvelles modifications, de nombreux problèmes de retard ont été recensés puisqu’à la fin de l’année scolaire, et même jusqu’au mois de juillet 2017, de nombreux étudiants n’avaient toujours pas reçu de réponse de la part de la Fédération Wallonie-Bruxelles, alors même que les demandes avaient été introduites dès juillet 2016. En outre, un grand manque d’informations a été pointé du doigt par La Ligue des Famille et la FEF puisque les conditions d’octroi d’une bourse sont tout bonnement absentes du site de l’administration pour le moment et que le standard téléphonique semble toujours débordé.

Une réforme plus juste dès la rentrée 2017

A l’aube de la rentrée, cette mesure de globalisation des revenus semble avoir été exclue après bon nombre de contestations de la part des étudiants et de différentes associations. En ce qui concerne le critère des revenus inférieurs au plancher fixé, chaque dossier sera dorénavant examiné par une commission afin de vérifier que l’étudiant ne dispose pas de plus de revenus que ce qu’il ne déclare et qu’il dispose donc du droit de recevoir une bourse.

Elena Diouf