Chaque année, même musique : « tic-toc-tic-toc », paranoïa symphonique. C’est bientôt la bloque, ça te fout le trac. Tics et tocs te servent de catharsis thérapeutiques.

Tu alignes tous tes crayons, tu comptes tes feuilles par chiffres paires, tu clignes quatre fois des yeux. Peu à peu, tu débloques. « Toc toc », décembre est là, grand temps d’ouvrir la bloque. Au début, ça interloque. Quelque chose te tique : serait-il temps d’adopter une tactique ? Malgré ça, tu troques encore concentration contre procrastination. Question d’acclimatation.

Mais très vite, ça devient dramatique. « Tic tac », le temps passe, tu te prends une jolie claque. Les séminaires réveillent tes nerfs, le mémoire rime avec assommoir. Le temps ne t’a jamais paru si lent. Paradoxalement, les bilans arrivent à grand pas : « Tic tac », ça devient assourdissant. Tu te chies dans l’froc. On dirait une loque. 

Soucieux de ne créer aucune polémique, tu sors de ton état léthargique. Un bureau à l’avant-plan, une flopée de surligneurs en guise de casting et Facebook en arrière-plan: le décor de longues heures de préparation avant la confrontation. A ce moment, rien ne te semble plus algébrique que ces cours chaotiques. Tu te ronges les sourcils, t’arraches les lèvres, t’humectes les ongles. Parodique chorégraphie d’un étudiant stressé. A ces alambiques épreuves académiques dont tu es allergique, tu ne t’en doutes peut-être pas encore, mais tu survivras. Même si celles-ci ont la réputation d’être souvent très acrobatiques, pas de raison qu’il y ait de hic, à condition d’y avoir consacré tous ton temps libre. Pour ne pas finir en clinique, tente de calmer tes TICs, même si tout cela est bien trop peu comique.