Les étudiants ont la parole

Les 27 et 28 mars prochains, les étudiants et étudiantes de l’ULiège seront amenés/ées à élire leurs représentants/tes aux conseils de faculté et conseil étudiant. Deux listes sont en lice : Appel et Essentiel. Ou plutôt étaient. Il y a quelques heures, Le P’Tit Torê a été averti que la Commission Électorale a confirmé qu’à ce stade, la liste Essentiel n’est pas éligible. Décodage…

Lundi 23h59. Limite à laquelle les candidates et candidats devaient rendre leur liste par mail (17h si dépôt par voie postale) tel que stipulé dans le règlement électoral étudiant. Voilà la raison qui a poussé la Commission Électorale à refuser le dépôt de la liste Essentiel : elle aurait été envoyée un peu après 1h du matin.

Dans une interview téléphonique, Saul Escalona, Vice-Président de la Fédé et membre d’Essentiel, explique: “Beaucoup de personnes se sont rajoutées ou enlevées à la dernière minute de la liste. Et le temps que je la clôture, j’avais dépassé la limite. J’espérais que cela ne serait rien et que la liste n’aurait pas de problème”.

Les conséquences sont pourtant fâcheuses. Non seulement Essentiel ne peut pas se présenter aux élections, et l’actuel Conseil d’Administration principalement composé de membres d’Essentiel sera entièrement renouvelé. Mais en plus, cela laisse le champ libre à Appel (l’autre liste), pour prendre possession des quartiers de la Fédé, investir le Conseil d’Administration, et cela sans devoir rien concéder à personne. En d’autres termes, Essentiel se retrouve évincé sans avoir combattu, et offre la victoire à son opposant.  Mais comme dit l’adage: “le malheur des uns fait le bonheur des autres”.

Tout ne semble pas perdu cependant pour la liste Essentiel. Si le cœur en dit à la liste Appel, ils peuvent déposer un recours contre eux-mêmes et se retirer. Un nouvel appel à candidatures serait alors effectué, avec l’espoir que personne ne serait en retard.

Il est aussi possible que des négociations en interne aient lieu, amenant à des accords. On peut cependant se questionner sur la portée démocratique de tels accords et sur le côté démocratique que revêt une élection avec une seule liste. …

Mais les craintes de Saul, si l’élection devait se faire avec une seule liste, sont autres : “il faut bien se rendre compte que si 20% des étudiants et étudiantes ne votent pas au premier tour, il y aura un deuxième tour, pendant les examens, et si à l’issue de ce deuxième tour 15% des étudiants n’ont pas participé, le Conseil Étudiant sera dissous pendant un an. Il n’y aura plus d’étudiants/tes dans les différentes commissions universitaires, les étudiants/tes seront absents/tes des lieux de pouvoir pendant un an. On ne peut pas se le permettre. On ne peut pas prendre le risque”.

Du côté d’Appel, l’heure est à la discussion en interne. Dans une rapide discussion avec Marjolaine Bianchini, celle-ci informe qu’ “il n’y a pas de prise de position avant d’avoir informé la liste” et qu’une réunion “aurait lieu la semaine prochaine”. Dans tous les cas, la balle est aujourd’hui dans le camp de la liste Appel, qui décidera indirectement de l’avenir de la liste Essentiel pour l’année prochaine. Tous les regards sont maintenant tournés vers le 13 mars, date à laquelle la Commission Électorale statuera sur le recours…

Thomas Ravanelli