Nous vous annoncions il y a quelques jours un important retentissement dans la course des élections étudiantes. Essentiel 2.0, liste majoritaire à l’Assemblée générale, n’avait pu déposer sa liste de candidats à temps pour les élections et s’était donc vu refuser la participation aux mêmes élections. Cette histoire de timing avait donc donné la primeur à la dernière et seule liste étudiante encore dans la course : Appel.

Les étudiants ont la parole

Depuis sa création, Appel a toujours fait partie de l’opposition, selon certains en raison d’un entre soi trop important : principalement des représentants issus de Philo & Lettres. Deuxième hypothèse de sa défaite avancée par Appel : en période de campagne électorale , les « attaques » des membres d’Essentiel, sur les réseaux ou lors des événements estudiantins étaient trop importants pour laisser une chance à Appel de se faire entendre.

Cette année Appel se retrouvait donc seule en lice dans la course au pouvoir. Deux choix s’offraient à elle : soit concourir seule et tenter d’atteindre les 20 % de votes nécessaires (un véritable challenge quand on sait qu’en 2018, 3 listes avaient atteint en tout près de 28% de participation) soit se retirer et déposer un recours permettant à Essentiel d’à nouveau se présenter. Au vu des relations complexes entre les deux listes, on peut imaginer facilement que les débats durent être pour le moins agités.

Il aura donc fallu attendre près d’une semaine pour que la décision finale soit prise et ce à grand renfort de débat interne clôturé par un vote entre les membres d’Appel. Ce vote fut favorable à l’idée d’un recours et d’une nouvelle campagne dont Essentiel pourrait faire partie. Tout n’était cependant pas joué : les dispositions légales de ce recours furent longuement analysées par les conseillers juridiques de la Fédé et de la commission électorale durant ce week-end.

L’intérêt d’un tel choix pour la liste Appel pose question : pourquoi une liste d’opposition dans une position extrêmement favorable se retirerait-elle alors qu’elle pourrait remporter la totalité des sièges sans réelle campagne ? D’après Lindsey Declaye, Alexandre De Couvreur et Mehdi El Mekedem, artisans de cette décision, il ne faut pas négliger le fait qu’une véritable campagne où le débat s’impose, avec les enjeux démocratiques qui y sont liés, fait partie intégrante de l’ADN d’Appel. En effet, c’est sur le principe d’une démocratie plus forte au sein des institutions universitaires que se compose une large majorité du programme de la liste. On imagine de plus que la réelle représentativité des représentants étudiants auraient été largement contestée dans certaines facultés très largement du côté d’Essentiel. Enfin, certains postes (Présidence et Vice-Présidence) ont apparemment été négociés afin de garantir un contre-pouvoir dans le cas où une liste est fortement majoritaire.

Dans leurs communiqués, Essentiel et Appel se sont engagés à mener une campagne « fair-play », où tous les coups ne seront pas permis, le règlement cessera, selon Appel, d’être interprété au bon vouloir de chacun et cette attitude privilégiera la coopération étudiante plutôt que les mesquineries qui ont parfois caractérisé les anciennes campagnes électorales. Simon Briand, actuel président de la Fédé et membre d’Essentiel, se dit rassuré de la décision d’Appel : « Cet acte démontre la fin des guéguerres qui existaient par le passé et s’inscrit dans la dynamique du nouveau format de la Fédé, c’est un véritable changement des mentalités. »

C’est donc dans une ambiance très différente que devrait se passer les élections cette année puisque chacune des deux listes a fait un pas vers l’autre. Essentiel promettant notamment la mise en place d’une représentation proportionnelle des listes au sein des organes de décision en échange du recours déposé par les membres de la liste Appel. Les deux listes ont donc fait savoir que la proportionnelle serait appliquée, un combat qu’Appel mène depuis plusieurs années mais qui, selon Essentiel, reste une victoire sur papier qui n’aura pas de grands changements dans les faits.

On ne peut que saluer le rapprochement de deux anciens ennemis qui ont mis leurs différents et, parfois, leur inimité de côté et ce dans l’intérêt majoritaire des étudiants.

H. Leroy