Une assemblée de 60 étudiants représentant l’ensemble des facultés, le financement participatif des cercles étudiants, la mise en place de solutions pour les étudiants comme Covoit-ULiège, l’Unifestival, les agendas, le journal que vous lisez en ce moment, un conseil juridique et une représentation au sein de l’université : tout ça, c’est la Fédé. C’est en effet ce dont le site de la Fédé met en avant, mais la Fédé se résume-t-elle à ça aujourd’hui ?

Affiche vote élections étudiantes 2019

Revenons sur son organisation : la Fédé est en quelque sorte un État au sein de notre monde universitaire. Elle gère quelques employés, possède un gouvernement exécutif (le CA), une assemblée législative (l’AG), ses statuts s’apparentent à une Constitution et elle dispose même d’un budget. Les étudiants membres de la Fédé sont élus chaque année lors des élections étudiantes : durant leur mandat ils doivent représenter l’intérêt de leurs pairs.

La Fédé se veut une plate-forme de communication pour les étudiants, les informant de leurs droits ou des différentes activités qui leur sont proposées par l’université. Sans les adresses mail des étudiants, elle essaye d’élargir son nombre d’abonnés à sa page Facebook, laquelle, sur près de 26 000 étudiants, ne rassemble que 5000 « j’aime ». C’est dans ce but que la Fédé lance de nombreux jeux-concours, activités inter-cercles ou conférences, et peut parfois, selon certains de ses membres, ressembler à une agence de pub.

Mais la Fédé, c’est aussi un jeu politique : dans un premier temps face, ou avec, l’ULiège mais aussi dans tout l’enseignement francophone. À l’Université de Liège, certains étudiants élus, dont le Président et plusieurs autres membres de l’AG choisis par celle-ci, siègent au Conseil d’administration de l’ULiège. IIs participent aux prises de décisions et font valoir la voix des étudiants lors de ces réunions.

La Fédé siège également à l’ARES, fédération des institutions d’enseignement supérieur Wallonie-Bruxelles et représentant près de 220 000 étudiants. Elle y joue un rôle actif en coopération ou en opposition avec les différentes ORC (organes de représentation communautaire), sortes de grands syndicats étudiants, dans la rédaction et l’amélioration des lois relatives à l’enseignement. Cela fait d’ailleurs plusieurs années que la Fédé, qui a l’occasion de s’affilier à ces ORC, reste indépendante : elle ne disparaît donc pas dans une ligne politique qui ne serait pas la sienne mais ne bénéficie pas non plus des atouts et poids politiques de ces syndicats. Cette volonté d’indépendance féroce laisse penser à certains que la Fédé envisagerait de devenir elle-même une ORC.

Le rôle politique de la Fédé est déterminé par son CA de façon quotidienne et ensuite par l’AG une fois par mois. Le résultat des élections prochaines déterminera donc la ligne politique de la Fédé ou, si les 20% de votants ne sont pas atteints, sa disparition.

Hugo Leroy