Pierre Wolper1. Présentation et motivations

D’abord, répondre à une demande de l’université : permettre une amélioration majeure de son fonctionnement. J’y suis depuis 20 ans et ces dernières années il est clair que de nombreux problèmes y ont été rencontrés, et il y a une perception assez générale que l’université ne fonctionne pas correctement. Certaines choses sont beaucoup trop compliquées, beaucoup d’énergie est perdue, on n’arrive pas à travailler correctement… C’est pour attaquer de front ces questions et ces problèmes que je me présente.

2. Un point du programme

C’est avant tout pour défendre une vision de l’université. Elle apporte de nombreuses choses à sa région à condition qu’elle respecte son rôle d’université. Ce rôle est celui de la recherche et de la formation des étudiants : être capable de résoudre des problèmes complexes et adaptés au monde vers lequel nous allons. C’est aussi défendre un modèle d’université où on intègre des disciplines diverses pour répondre au mieux aux enjeux de demain. À ce niveau, la communication entre les pôles de recherche et entre les facultés doit être facilitée et encouragée. Aujourd’hui, des choses normalement simples sont très compliquées, en raison de la communication ou de l’aménagement entre les horaires de cours.

3. Craintes et université du futur

Des craintes non, mais un objectif clair, une fois mis en place, doit être défendu et poursuivi tout en restant prudent vis-à-vis des réformes et du politique. Je pense que la région a besoin de l’université et il faut mettre tout en place pour permettre d’apporter ce « plus » à la région et à l’international. Il faut cependant être réaliste dans ses objectifs : quelle université voulons-nous demain et comment améliorer la collaboration entre les universités ?

Enfin, nous verrons les séquelles laissées par l’élection du nouveau recteur. J’ai peur que le processus électoral dans lequel nous sommes, qui est extrêmement particulier, ait laissé une impression très négative au sein de la communauté universitaire. Lorsqu’on aperçoit le taux relativement important de vote « à personne », on peut se poser des questions. Dans un premier temps ce vote peut simplement vouloir signifier « je ne sais pas » ou « aucun des candidats ne me plaît ». Au deuxième tour, un appel de vote « à personne » a été lancé par Éric Pirard. Cette démarche très particulière sonne un peu comme un appel au blocage du processus électoral. Elle lui sera peut être bénéfique, nous verrons. Ensuite, lors du débat du deuxième tour, Albert Corhay s’est livré à des attaques virulente sur mon équipe et moi. Il pensait notamment que j’avais « perdu la tête » lorsque j’ai abordé le projet du téléphérique comme aide possible, mais pas unique, à la mobilité entre le centre et le Sart-Tilman. Cette piste est toujours examinée par des experts et reste relativement réaliste. Je ne pense pas perdre la tête en évoquant des projets réalistes… Je pense que l’ensemble des ces différents événements a laissé une impression très négative au sein de l’université et peut être amené à un dégoût du processus électoral, exprimé par le vote « à personne ». Ce n’est bien évidement pas mon optique sur le sujet mais il est important d’en être conscient pour l’avenir de notre université.

4. Qualités à avoir pour être recteur

Avant tout, savoir être à l’écoute et ne jamais se couper du terrain. Un des dangers majeurs du rectorat est de s’entourer de gens qui nous disent que tout va bien quand tout va mal. Il faut également aborder les problèmes avec calme et pragmatisme. Je suis quelqu’un qui construit des solutions. Il ne faut pas de grandes solutions à des petits problèmes : savoir remettre les choses à leur juste perspective. Un problème ponctuel ne nécessite pas de grandes réformes et de larges plans d’aménagement amènent souvent de nouveaux problèmes. Encore une fois : restons pragmatiques !

5. Pour finir…

Une grande partie de mon équipe a fait partie de celle du recteur sortant, Albert Corhay. On peut s’attendre à une continuité des compétences sans aucun doute, mais une continuité de politique en aucun cas. Si ces personnes ne se sont pas présentées avec Albert Corhay, c’est en grande partie dû à une différence de vision concernant le politique. Les tensions sont survenues lorsque le fond faisait débat. Sur le plan stratégique, lourd administrativement et sans réels résultats, il existait déjà de nombreuses tensions. Le résultat ne s’est pas fait attendre en sein de l’équipe.

Concernant les étudiants, il me semble que nous devons mettre en place une vision de la formation que nous voulons leur donner : peut-être des étudiants qui ne seraient pas des spécialistes pointus d’un domaine mais bien des personnes formées à l’ouverture d’esprit, à la réflexion et capables d’analyser des informations venant de nombreux domaines différents.

Propos recueillis par Hugo Le Roy