Eric Pirard, candidat recteur 2018

1. Présentation et motivations 

Je suis professeur ordinaire en faculté de sciences appliquées, je suis un ingénieur géologue. J’ai aussi une interface importante avec l’environnement, les sciences naturelles,… Je suis à l’intervalle entre sciences et sciences appliquées.

Être professeur ordinaire est indispensable pour prétendre être recteur. J’ai encore 8 ans de carrière devant moi, ce qui me différencie des autres candidats. Cela voudrait dire que si demain je deviens recteur, je pourrai faire deux mandats de 4 ans. Je veux insister sur le fait que cela me permet d’avoir un projet et de le développer. Cette durée est importante, car l’université est comme un gros bateau qui ne prend pas des virages très rapidement.

Je suis encore aujourd’hui professeur, j’ai une grosse équipe d’une trentaine de chercheurs et beaucoup de projets de recherche internationaux. Le fait que j’ai vécu toutes les facettes du métier de professeur fait que je voudrais faire bénéficier toute l’université de cette expérience. J’ai travaillé au nord comme au sud; en Bolivie, Congo ou Australie. C’est tout cela qui me nourrit. Un recteur doit avoir une expérience qui va lui permettre de savoir dans quelle direction doit aller l’université demain.

Ce qui me motive fondamentalement à être recteur est que je suis universitaire avant tout. L’université c’est la diversité. Il y a aussi bien des philosophes que des agronomes, certains regardent les étoiles et d’autres le sous-sol,… J’ai de l’intérêt pour tout cela, je me sens capable de représenter une communauté aussi large, c’est ça être recteur ; avoir de l’intérêt et de l’empathie pour tout.

2. Un point du programme

L’université, ce n’est pas que le monde des étudiants. Il y a beaucoup d’enjeux et dans mon programme on ne retrouve pas uniquement des choses qui touchent directement les étudiants. Ma toute première action est l’idée de faire participer la communauté universitaire à des décisions et en particulier les étudiants. Si on leur a donné le droit de vote pour élire le recteur, c’est pour leur permettre aussi d’exprimer leurs attentes, leurs envies sur des questions qui leur préoccupent. Il y a, par exemple, la qualité de vie étudiante (aménagement des locaux, mobilité, développement durable,…). J’aimerais donc mettre en place cette “plateforme citoyenne” où chacun pourra venir plus facilement y présenter ses attentes dans un espace qui y sera totalement dédié.

3. Craintes et université du future

L’Université va être chamboulée. Quand on regarde les programmes de cours aujourd’hui, ils sont en train de changer, chacun peut un peu définir son propre parcours. Demain, les élèves vont certainement suivre plus de cours en ligne (via des podcasts et MOOC), mais viendront à l’université pour parler avec les professeurs, venir faire de la pratique (exemple de la Chimie, cela ne s’apprend pas sur un écran, mais en manipulant des acides et des bases). Il y a donc tout un aspect interaction que l’université va devoir développer. Mais un cours avec beaucoup d’élèves dans un grand auditoire et le prof qui déboule toute sa matière est amené à disparaître. L’université est amenée à se transformer et c’est pour cela que je souhaite m’engager, je crois qu’il y a une certaine urgence à amorcer ces transformations-là. Cela ne veut pas dire non plus que dès demain tous les cours sont en anglais et en podcast. Je ne veux pas du tout imposer un modèle, mais j’aimerai que l’université ne rate pas un virage.

Il ne faut pas faire de résistance au changement, mais il faut se l’approprier. Je ne suis pas celui qui va obliger les profs à développer un MOOC. Si certains veulent utiliser des outils pédagogiques modernes comme la réalité virtuelle, je veux être là pour les aider à développer ces outils-là.

4. Qualités à avoir pour être recteur

  • L’empathie, la capacité d’écoute et de se mettre à la place de l’autre et comprendre quels sont ses problèmes. Le recteur doit également comprendre les problèmes des jeunes étudiants qui viennent de rentrer en premier Bac.
  • La curiosité et être capable de représenter toutes les facettes de l’université. Tout le monde n’est pas géologue ou ingénieur, je dois m’intéresser à toute l’université dans sa diversité à la dimension culturelle, sociale et économique.
  • Une certaine prestance, une capacité à représenter l’institution. Les électeurs doivent se demander avant de voter si le candidat est capable d’incarner la stature d’un recteur. Par cela j’entends beaucoup de droiture, d’exigence envers soi-même, d’honnêteté,… Toutes ces valeurs-là sont très importantes.

5. Pour finir… 

J’aimerais terminer par insister sur la dimension de développement durable que je développe beaucoup sur mon site internet. L’université est un lieu qui parle beaucoup de cela dans différents cours et au final, notre comportement sur les campus n’est pas toujours en phase. Notre université doit être un lieu d’éducation, de sensibilisation et de pratique en matière de développement durable (mobilité, tri de déchets, …). C’est une dimension que je voudrais vraiment promouvoir, car je trouve qu’elle vraiment trop absente aujourd’hui.

Propos recueillis par Tom Léonet