ann lawrance durviaux

  1. Présentation et motivations

J’ai une formation en droit et travaille au département de sciences politiques dans une charge de droit public. J’ai été associée au travail des recteurs depuis que je travaille à l’université puisque je suis spécialiste dans des matières qui sont utiles pour en comprendre le fonctionnement (droit administratif, des marchés publics, de la fonction publique). J’ai été associée aux réflexions préalables à la constitution des équipes dans le cadre des deux premiers tours. J’ai dès lors mené une réflexion personnelle sur l’institution sur base de mon expérience. Au fur et à mesure de l’avancement de cette campagne, je me suis rendue compte que les candidats ne proposaient pas ce qui, selon moi, serait le changement culturel nécessaire pour que nous puissions réellement avancer vers une université beaucoup plus participative. Pour le moment, les jeunes académiques sont dans un système pyramidal très hiérarchisé, qui ne permet pas une prise de parole et des débats. Il y a d’autres manières de faire fonctionner une université. C’est en tout cas le sens et la motivation principale de ma candidature. Je souhaite proposer pour notre université un autre projet, qui traduit des valeurs qui sont importantes pour moi: la justice, la tolérance, le progrès, une certaine forme d’avant-gardisme en terme d’innovation démocratique.

  1. Un point du programme

Pour associer plus largement la communauté universitaire au(x) processus de réinvention de l’université, nous devons modifier nos modes de gouvernance, l’interaction entre les facultés et l’administration afin d’être en mesure de créer des espaces de débat. Pour l’instant, tout passe par une organisation qui est très hiérarchisée, et cela bloque la créativité,  les moments de rencontre et les moments de discussion importants. Dans le cadre de la préparation de la campagne, j’ai appliqué les méthodes que je propose à la communauté universitaire de choisir et certains étudiants m’ont aidé, en organisant de petites réunions. J’ai appris que les étudiants avaient envie de beaucoup plus de culture générale dans leur programme et que certains regrettaient qu’il n’y ait pas assez de connexions entre les facultés dans la construction des cursus. C’est la méthode des focus groups. Une manière de consulter directement les étudiants et de les laisser s’exprimer librement. Je compte dès lors donner des moyens à la FEDE pour pouvoir consulter plus largement les étudiants sur tous les problèmes. Avoir un vice-recteur aux affaires étudiantes, c’est paternaliste, c’est penser que les étudiants ne s’intéressent qu’aux affaires étudiantes au sens strict (folklore, bus, restaurants universitaires). Si l’on passe à côté de ce changement culturel,  nous n’arriverons jamais à moderniser l’institution, nous ne pourrons pas vous préparer à être des acteurs responsables dans la société d’aujourd’hui, avec les enjeux à relever. Voilà pourquoi il faut remettre en débat la répartition du droit de vote telle qu’elle existe aujourd’hui. Elle n’est pas respectueuse de toutes les catégories du personnel.

  1. Craintes et université du futur

J’imagine une université beaucoup plus ouverte, beaucoup plus engagée dans les débats de société et dans les défis sociétaux (environnement, réchauffement climatique, pauvreté), c’est l’essence d’un travail intellectuel et d’une responsabilité sociétale.

Je n’ai aucune crainte. Si mon projet ne séduit pas la communauté universitaire, vous l’exprimerez tous dans le vote et je comprendrai que je me suis trompée. Par contre si vous voulez les changements que je propose, il faudra vraiment l’exprimer clairement et voter massivement.

 

  1. Qualités à avoir pour être rectrice

Il n’y a pas encore eu de rectrice. Ce qui m’a frappé en discutant avec les anciens recteurs, c’est qu’ils avaient tous su à un moment avoir une vision de l’université dans son ensemble, de son rôle et de son impact dans sa région et dans le monde. Ils furent porteur d’une modernisation, ils ne voulaient pas être Recteur, mais voulaient que l’université avance. J’ai cette volonté et une vision que je veux défendre. En outre, je pense qu’il faut des compétences particulières, à ce moment-ci de l’histoire de l’université parce que le job de Recteur s’est transformé réellement dans un métier de communication et de négociation: aller vers les étudiants et le personnel, savoir comment les motiver et susciter l’enthousiasme, la communication vers l’extérieur également. Il faut aussi un talent de négociation et ça, c’est mon métier, j’ai les compétences parce que c’est fondamentalement ce que je fais dans ma vie professionnelle depuis 25 ans.

 

  1. Pour finir…

J’invite tous ceux et celles qui veulent apprendre à me connaître et savoir quelles sont les valeurs et le programme que je défends à consulter ma page Facebook, à aller voir les vidéos, à aller voir mes posts parce que j’y explique ma vision de l’université. Je souhaite rappeler également que tous les étudiants inscrits au 1 décembre 2017 ont le droit de vote donc si vous avez votre diplôme cette année, n’oubliez pas de revenir voter. Vous avez reçu une convocation par mail.

Propos recueillis par Thomas Ravanelli